Mars, objet de Curiosity

G.T. Publié le - Mis à jour le

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C’est une chorégraphie minutieusement réglée que s’apprête à exécuter le robot américain Curiosity. Si tout se déroule comme prévu, celui-ci devrait en effet poser ses six roues sur la planète Mars ce lundi à 7h31 du matin, au terme d’une promenade intersidérale de quelque 570 millions de kilomètres qui aura duré près de huit mois.

L’affaire est cependant loin d’être dans le sac quand on sait que plus de la moitié des engins à avoir tenté l’aventure ont échoué dans cette ultime phase du voyage. En outre, le dernier bébé high tech conçu par les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory de Pasadena n’est pas tout à fait un robot comme les autres. Affichant un peu moins d’une tonne sur la balance, ce rover a les dimensions d’un véhicule tout terrain, soit quatre fois la taille des engins qui ont jusqu’ici pris pied sur la Planète Rouge. Les petits génies de la Nasa ont donc été contraints d’innover pour la manœuvre d’"amarsissage". Exit la bonne vieille technique des "airbags" qui s’ouvrent au moment du contact avec le sol pour amortir l’impact. Après son entrée dans l’atmosphère, la sonde sera tout d’abord freinée par un parachute. Une espèce de grue volante équipée de rétrofusées s’en détachera ensuite. Suspendu à celle-ci par des câbles, Curiosity devrait alors se poser tout en douceur sur le sol martien. C’est du moins le scénario idéal. La descente durera sept très longues minutes durant lesquelles la vitesse de l’engin passera de 21 240 km/h à quasiment zéro.

En fait de véhicule tout terrain, c’est d’un véritable laboratoire scientifique dont il est question. Curiosity emporte en effet un nombre jamais atteint d’instruments ultraperfectionnés. Ceux-ci doivent lui permettre de procéder in situ à des analyses géologiques et à la collecte d’informations sur le climat de cette planète. Il y recherchera surtout des traces d’eau et de molécules organiques susceptibles de témoigner de l’existence d’une forme de vie dans le passé martien. Le site d’atterrissage, situé dans le cratère de Gale, n’a pas été choisi au hasard. L’orbiteur européen Mars Express y avait en effet repéré la présence d’argile et de sulfates qui pourraient traduire l’existence d’eau liquide il y a plusieurs milliards d’années. Mars Express sera d’ailleurs indirectement associé à cette mission : conjointement avec ses cousines américaines Mars Odyssey et Mars Reconnaissance Orbiter, il suivra attentivement la phase de descente et relaiera ces informations vers la Nasa.

L’arrivée de Curiosity sur la Planète Rouge peut être suivie en direct sur le site www.enjoyspace.com

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