Nucléaire: la Commission recommande l'inspection de neuf réacteurs dans l'UE

AFP Publié le - Mis à jour le

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Les anomalies découvertes dans la cuve d'un réacteur nucléaire en Belgique devraient conduire au contrôle de toutes les installations similaires dans l'UE, mais cette décision appartient aux Etats et la Commission européenne n'a pas le pouvoir de l'imposer, a déclaré un de ses porte-parole.

"Les autorités vont faire ces contrôles, cela semble évident", a déclaré jeudi Marlène Holzner, la porte-parole du Commissaire à l'Energie Gunther Oettinger. "La Commission européenne peut faire des recommandations, mais elle ne peut pas obliger", a-t-elle ajouté.

La sûreté de 22 réacteurs, dont neuf situés sur le territoire de l'UE, est en jeu depuis la découverte de potentielles fissures sur la cuve du réacteur numéro 3 de la centrale de Doel, située près d'Anvers, a révélé mardi l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) belge dans un communiqué. Le fabricant de cette cuve, le groupe néerlandais Rotterdamsche Droogdok Maatschappij, a depuis cessé ses activités. Il a livré 21 autres cuves, dont l'une équipe le réacteur numéro 2 de la centrale belge de Tihange, près de Liège, qui sera soumis à un contrôle en septembre.

Selon le quotidien français Le Monde, les mêmes cuves équipent deux réacteurs aux Pays-Bas, deux en Allemagne, deux en Espagne, un en Suède, deux en Suisse, dix aux Etats-Unis et un en Argentine.

La liste des pays concernés a été confirmée à l'AFP par une source proche du dossier, mais pas le nombre de réacteurs, qui serait inférieur. L'autorité nucléaire suisse (IFSN) a confirmé que la firme néerlandaise avait équipé la centrale de Muhleberg, qui compte un réacteur. Mais elle a précisé que le fabricant de la cuve du réacteur de la centrale de Leibstadt était japonais.

L'AFCN belge est en contact avec ses homologues des pays concernés et a prévu une réunion à une date qui n'a pas encore été précisée, ont indiqué à l'AFP plusieurs sources informées.

Selon l'AFCN, "de nombreuses indications de défauts dans le matériau de base en acier de la cuve (de Doel 3) ont été constatées fin juin, particulièrement au niveau de l'anneau situé le plus bas".

Les centrales de Doel et de Tihange sont exploitées par Electrabel, filiale belge du groupe français GDF-Suez. Elles totalisent sept réacteurs dont la conception et les équipements sont différents.

L'agence belge estime possible que les deux réacteurs soient définitivement arrêtés. "Une éventuelle réparation de la cuve est pratiquement impossible et n'est pas l'option à retenir, parce qu'il est à craindre qu'une telle opération fasse apparaître de nouvelles tensions dans la paroi de la cuve, ce qu'il faut absolument éviter", a-t-elle expliqué.

"Un remplacement de la cuve est extrêmement difficile (dose élevée de rayonnements) et n'a jamais eu lieu où que ce soit dans le monde", souligne en outre l'AFCN.

La découverte de ces anomalies a été rendue possible grâce à l'utilisation d'un nouveau type de capteurs ultrasoniques, selon l'agence. Elle conforte M. Oettinger qui a obtenu de faire contrôler la sûreté de toutes les installations nucléaires de l'UE après la catastrophe de Fukushima au Japon en mars 2011.

L'UE compte 147 réacteurs répartis dans 14 pays, dont 58 en France. 24 nouveaux réacteurs sont en projet, dont six sont déjà en construction: deux en Bulgarie, un en Finlande, un en France et deux en Slovaquie.

Seuls 38 réacteurs ont à ce jour été inspectés, mais les contrôles supplémentaires demandés par M. Oettinger doivent lui permettre d'avoir une connaissance des atouts et des faiblesses de chacun des types de réacteurs exploités dans l'UE.

Il rendra son rapport à l'automne et "le problème découvert dans le réacteur numéro 3 de la centrale de Doel figurera dans ce rapport", a précisé sa porte-parole.

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