Planète Dix tétras-lyres en provenance de Suède viennent d’être introduits dans les Hautes-Fagnes. Le "coq de bruyère", l’espèce emblématique de la région, était sur le point de disparaître.

Deux mâles et une femelle recensés en 2017. Voilà à quoi se limitait cet hiver la population de tétras-lyres dans les Hautes-Fagnes, désormais la seule de Belgique. En clair, l’espèce emblématique de la région (voir ci-contre) était menacée d’extinction à court terme. Mais depuis le 28 avril, les tétras-lyres sont dix de plus et ont un espoir de survie. Cinq mâles et cinq femelles ont été relâchés dans les paysages de tourbières fagnardes, dans une opération "de la dernière chance", comme le dit Roseline Beudels-Jamar, de l’Institut royal des sciences naturelles, partenaire de ce projet.

Capturés en Suède le 27 avril, les dix oiseaux (aussi connus sous le nom de petits coqs de bruyère) ont ensuite été relâchés le lendemain, après avoir été auscultés, bagués et, pour six d’entre eux, munis d’un émetteur GPS qui permet leur localisation et leur suivi dans le parc naturel des Hautes-Fagnes.

Habitat en voie de disparition

Depuis le milieu des années 1990, les effectifs étaient en diminution. En raison des changements climatiques d’abord : l’espèce est d’une part très sensible aux printemps pluvieux car les plumages des poussins ne sont pas immédiatement imperméables, et d’autre part, affectionne les couches de neige car elle s’y construit des igloos. Mais le tétras-lyre souffre aussi du dérangement causé par les touristes et de la destruction de son habitat. Un habitat très particulier; celui des tourbières notamment, façonnées par l’homme et ses habitudes agropastorales ancestrales.