Planète

Hébergés par des familles, prenant part aux travaux agricoles, à la chasse, à la pêche, aux veillées autour des feux, Julie Baudin et David Ducoin ont vu "tomber les barrières". Les ressources de chacun de leurs hôtes sont fort différentes. Les facilités et difficultés des pêcheurs Inuits n’ont rien de commun avec celles des Navajos, implantés dans le désert d’Arizona.

Leurs étapes du nord au sud des deux Amériques ont été constellées d’enseignements. Parmi ceux-ci, quelques constats relatifs à l’utilisation des ressources, à la gestion des déchets, au rapport à la nature.

Fil rouge de leur périple, cette citation recueillie sur le parcours : "Quand tu apprends quelque chose, partage ce savoir afin de ne jamais l’oublier". L’une des difficultés rencontrées par les peuplades amérindiennes depuis l’arrivée de Christophe Colomb est l’ingérence des valeurs occidentales dans leur culture. Il leur faut maintenant réapprendre les gestes de leurs ancêtres, que ne leur ont pas appris leurs parents ou leurs grands-parents. Les rassemblements traditionnels ont longtemps été interdits par les Etats-Unis et le Canada. Ils sont aujourd’hui le symbole d’une vitalité retrouvée. Les combats se poursuivent pour récupérer des terres où se sont développées, il y a des siècles, culture et spiritualité.

Chaque arrêt est l’occasion de prise de conscience des multiples rapports que peut entretenir l’homme avec son environnement. "Cette prise de conscience est une seconde étape. Pour la plupart des peuples, il faut d’abord se rendre compte qu’ils ont été spoliés, qu’ils ont des droits, qu’ils peuvent faire des choses", raconte Julie Baudin.

Que faire des déchets plastiques par exemple ? Dans bien des villages, tout va dans l’eau. Dans d’autres ils sont brûlés ou enterrés. La gestion des déchets est une thématique qui est désormais abordée dans les écoles boliviennes. "On apprend à remiser les plastiques dans un même endroit, dit Julie Baudin. Car ils commencent à souffrir de la pollution des eaux". Ces écoles sont pourtant un danger aussi. Elles sont le vecteur de la civilisation occidentale. L’enjeu est sans doute le dosage de tradition et de modernité.

Julie Baudin cite aussi l’exemple de multinationales qui vont voir les communautés et proposent des sommes d’argent qui leur semblent énormes pour exploiter leurs territoires. Elles y ajoutent la construction d’une école et la fourniture d’ordinateurs. Ces propositions divisent les communautés mais souvent un accord est conclu et l’entreprise repart avec les terres ou les forêts qu’elle convoitait.

Et Julie Baudin de s’interroger : "pourquoi distribuer aux enfants des gâteaux emballés individuellement à 300 élèves chaque jour alors qu’au moindre coup de vent, ils s’envolent et vont polluer les alentours ? Pourquoi ne pas donner un aliment traditionnel et une boisson à base de maïs ?".

En guise de conclusion, Julie Baudin évoque la volonté d’Evo Morales, président bolivien d’origine indienne, d’organiser un "Copenhague bis". Une réunion où seraient davantage entendus les peuples qui ont encore un contact quotidien avec la terre. Ces peuples qui la personnifient dans leur récit mais ne savent pas toujours comment ne pas "lui faire mal". Pour Morales, on ne parle pas de limitation à "+ 2 degrés" adoptée à Copenhague, il lui faut du "zéro".

"L’odyssée amérindienne", agenda des projections sur www.explorationdumonde.be