Planète

Disparition des espèces, destruction des habitats naturels, écosystèmes dégradés… Cent nonante-cinq pays (plus les Etats-Unis en observateurs) se sont rassemblés du 13 novembre au 29 novembre en Egypte autour de la biodiversité. Les membres de la Convention sur la diversité biologique (CDB) des Nations-Unies, née il y a 20 ans à Rio de Janeiro, se réunissaient pour la 14e conférence des Parties (Cop 14), un cadre équivalent à ce qui se fait chaque année sur le climat. Les négociateurs des différentes Parties – dont une délégation belge -ont examiné les efforts qui doivent être consentis pour réaliser les objectifs d’Aichi sur la biodiversité, et ont préparé l’élaboration du prochain Plan stratégique mondial pour la biodiversité, qui sera lancé en 2020 à Pékin. Ce sommet doit être l’équivalent pour la biodiversité de la Cop sur le climat à Paris, en 2015, et déboucher sur un accord mondial pour la protection de la nature.


La COP14 intervenait alors que les rapports alarmants sur l’état de la biodiversité dans le monde se multiplient. Il y a huit, avec les objectifs d’Aichi, les nations avaient par exemple promis de réduire de moitié la perte d’habitats, d’assurer une pêche durable dans tous les océans, ou élargir les réserves de 10 % à 17 % du territoire mondial en 2020. Hélas, comme les pays l’ont admis durant le sommet dans une déclaration, “la plupart des objectifs d’Aichi ne sont pas en voie d’être réalisés en 2020, et à moins de progrès supplémentaires substantiels, ceci empêchera la réalisation du Plan stratégique 2011-2020, et au final, mettra en péril les systèmes de maintien de la vie sur Terre.

"Les engagements ne sont pas assez concrets"

Les parties proposent cependant différentes options : par exemple, même si la perte annuelle de forêts a été réduite de moitié, des efforts supplémentaires sont nécessaires. Il faut aussi accroître les efforts “pour inverser la tendance au déclin de la durabilité de la pêche mondiale”, lutter contre les espèces exotiques et invasives, ou empêcher le “déclin continu des coraux”. “La prévention de la perte des espèces à l’échelle mondiale doit aussi cibler des régions précises du monde où la diversité des espèces est élevée et/ou où les espèces sont les plus menacées, mettre l’accent sur la protection et la conservation des zones les plus importantes pour la diversité biologique, au moyen d’aires protégées”, indique encore la Conférence des parties.


“Mais le langage utilisé dans les déclarations n’est pas assez fort, et les textes ne sont pas assez détaillés, les engagements pas assez concrets, alors qu’on doit accélérer les efforts, regrettait depuis l’Egypte Sofie Ruysschaert, experte du WWF et membre de la délégation belge, tandis que les dernières négociations sur le budget se poursuivaient, hier soir. On sait pourqui les objectifs actuels ne sont pas atteints : la biodiversité n’est pas vue comme une priorité mais comme un problème séparé. Pendant les deux ans à venir, on doit accélérer tout ce qu’on peut, travailler sur cette conscientisation, embarquer tous les secteurs. Mais ce dont on peut se réjouir, c’est que durant cette Cop, les parties se sont mises d’accord pour préparer de nouveaux goals pour après 2020 avec des experts de haut niveau - même si ce n’est encore qu’un accord technique, sans engagements concrets.” Autre point positif : certains pays, comme la Grande-Bretagne, ont renforcé le budget qu'ils comptaient octroyer pour la diodiversité.