Planète

Chaque année, l’Afrique est le théâtre de nombreux incendies. Mais pas pour les mêmes raisons qu’en Occident.

Il n’y a pas que les forêts californiennes ou grecques qui partent en fumée. D’autres régions sont elles aussi frappées. On pourrait citer le Mexique, le Brésil ou encore l’Asie du Sud-Est. Mais si on regarde la carte de ces brasiers, on remarque que certaines contrées africaines ressortent particulièrement.


Tous les six mois, deux régions sont touchées en alternance. De décembre à février, il s’agit de la savane au sud du Sahel. Puis de juin à septembre, c’est au tour de l’Afrique australe. À chaque fois, plusieurs centaines de feux sont recensés dans ces deux zones. Mais alors, pourquoi une telle fournaise ?

Toujours plus de brûlis

En très grande partie, il ne s’agit pas ici de l’œuvre de Dame Nature. Ni d'accidents ou d'actes de malveillance comme c'est le cas en Europe, mais le fruit d'une logique agricole. Pour défricher de grandes surfaces, les fermiers utilisent largement la puissance du feu. Un outil qui leur permet d’exploiter rapidement de larges espaces. Dès que la saison des pluies prend fin, les opérations commencent.

Les nutriments issus des cendres servent d'engrais et les plantes indésirables sont éliminées. Ces terrains seront ensuite assez fertiles pour nourrir la population locale. Ce qui permet en partie l’accroissement démographique du continent.

Résultat des incendies entre l'Angola, la Zambie et la République démocratique du Congo
© NOAA

Autrefois, la technique était utilisée, mais à plus petite échelle. Bien loin des proportions actuelles. Actuellement, la grande majorité de la population vit du secteur primaire et les surfaces concernées sont considérables.

Une opération avec des coûts importants

Le revers de la médaille, c'est que cela affecte irrémédiablement la biodiversité, la qualité de l’air et donc le milieu de vie des habitants. Surtout que dans certains cas, les feux ne sont pas contrôlés. Ils s’étendent donc au-delà de ce qui était voulu à l’origine.

Et ce n’est pas tout. Cette méthode marche bien pour cultiver efficacement mais elle n’est pas éternelle. Si ces terres sont trop exploitées, elles ne peuvent pas se régénérer et deviennent stériles. On aboutit alors à une déforestation à grande échelle.

Cause parmi d’autres du réchauffement climatique ?

On pourrait se dire qu’avec toute cette végétation détruite, cela participerait à une hausse des températures. Cela semble logique. Moins d’arbres, plus de CO₂ et plus d’effet de serre. C’est en partie la conclusion qui en a été tirée.

Mais la situation est plus complexe que cela. Une étude a établi que les brûlis provoquent assez de fumée pour renforcer la formation de nuages au-dessus des océans. Ce qui permet de limiter la quantité de rayonnements solaires participant au réchauffement climatique.

Une consolation qui ne règle pas la question des coûts cités plus haut. D’où la volonté des États à mettre en place une politique efficace de contrôle. Pas question de bannir la pratique des brûlis. Les autorités essayent plutôt de limiter les effets négatifs tout en maximisant ceux positifs. Comme en ne permettant cette utilisation que dans certains cas. Reste à expliquer cela à certaines communautés locales qui pensent surtout à leur subsistance.