Planète

C’est le mois de juillet des superlatifs sur le front de la météo. 

Certes, on a déjà connu plus chaud puisqu’en 2006, le thermomètre avait atteint en moyenne 23°C à Uccle. A deux jours de la fin des observations, on en était à 21,9°C, nous confiait, lundi, Marc Vandiepenbeeck, climatologue à la retraite de l’Institut royal météorologique. Le mercure devrait encore grimper d’un ou deux dixièmes d’ici mardi soir pour dépasser les 22°C.

Par rapport à la normale (17°C), la situation est qualifiée de très exceptionnelle, ce qui induit une période de retour supérieure à… 100 ans. A titre anecdotique, le mois de juillet le plus frais de l’histoire fut celui de 1841 avec 13,4°C.

Un soleil très, très généreux

L’ensoleillement sera exceptionnel (période de retour comprise entre 30 et 100 ans) : le soleil a brillé jusqu’ici pendant 279 heures et il faudra ajouter une quinzaine d’heures d’insolation d’ici mardi soir, soit au total plus ou moins 295 heures. La normale est de 194 heures. En 2006, le soleil avait sévi pendant 314 heures contre 92 heures en 2000.

Au rayon pluie, la situation est normale. Il est tombé, à Uccle, 49,7mm alors que la moyenne est de 78mm, les records ayant été de 196,5 mm en 1942 et de 2,9 mm en 1855. D’après Marc Vandiepenbebeck, il pourrait encore tomber quelques litres (une demi-douzaine) par mètre carré d’ici la fin de la période mais rien qui puisse bousculer la statistique.

Cinq jours de pluie seulement

Celle-ci n’est toutefois pas aussi neutre qu’il y paraît. En effet, ce sont les 4 et 27 juillet qui ont fourni l’essentiel des précipitations recensées. Par ailleurs, juillet 2018 n’a connu que 5 jours de pluie, alors que la normale est de 16. C’est à nouveau exceptionnel. En 1936, on avait enregistré 29 jours de précipitations contre 2 jours à peine en 1885.

Le pays a également connu 15 jours d’orage contre 12,8 pour la normale, 20 jours en 2012 et 5 seulement en 1998.

Marc Vandiepenbeeck épingle encore le degré d’humidité qui a battu tous les records : il n’a été que de 53 % en moyenne contre une normale de 77,6 % (90 % en 1888). “C’est un paramètre important”, commente le climatologue. “En effet, avec un taux aussi bas, l’évaporation des plantes est extrêmement rapide, ce qui accentue la sécheresse liée au manque de précipitations.”

Bref, avec des données pareilles et une vague de chaleur qui a duré du 13 au 27, juillet 2018 est entré dans les annales de la climatologie belge.

Chaud jusqu’au 12 août au moins

Et ce n’est pas fini. Car les prévisions pour les jours à venir évoquent à nouveau de fortes chaleurs. Le mercure remontera allègrement au-dessus des 26°C centigrades jusqu’à dimanche, atteignant en certains endroits du pays des valeurs proches des 30°C.

Selon Marc Vandiepenbeeck, rien de très nouveau sous le soleil n’est à attendre avant le 12 août. Après, il est impossible de prévoir quoi que ce soit.