Planète Une équipe pilotée par l’UCL a étudié 95 000 animaux à Bruxelles et en Flandre.

L’urbanisation entraîne des changements dans la taille des animaux qui vivent en ville, selon une étude internationale pilotée par l’UCL. Leurs résultats viennent d’être publiés dans la revue “Nature”. Les scientifiques ont étudié une grande variété de groupes d’animaux dans 81 sites en Région bruxelloise et en Flandre. Soit au total, un échantillon de 95 001 animaux appartenant à 702 espèces. Résultat : sur 10 groupes animaux testés, la majorité des espèces les plus petites deviennent dominantes lorsque le degré d’urbanisation augmente.

Température et fragmentation

En cause ? La température ambiante, plus élevée en milieu urbain. Ce phénomène – “l’îlot de chaleur urbain” – favorise une taille corporelle plus petite car il augmente les coûts liés au métabolisme. En comparant le changement de taille dans des sites non construits et des lieux très urbanisés, l’étude montre que les groupes d’animaux affichent une diminution de taille de 16%, sauf pour les papillons et les sauterelles, dont la taille augmente de 14% .

Pour les chercheurs, cette taille plus grande s’explique par qu’elle aide ces espèces à mieux se disperser. Avec l’urbanisation, augmente en effet aussi la fragmentation de l’habitat. “On peut s’attendre à ce que la fragmentation des ressources écologiques en milieu urbain constitue un filtre important pour la mobilité, de sorte que ce sont principalement les espèces les plus mobiles qui se maintiennent dans les communautés urbaines”, estime Hans Van Dyck, chercheur à l’UCL.

L’importance d’une telle étude ? La perte de certaines espèces aura un impact important sur le fonctionnement des écosystèmes urbains étant donné que la taille corporelle détermine la dynamique des interactions écologiques, estiment les chercheurs. “Notre planète s’urbanise rapidement et il est établi que cela induit une perte de la biodiversité et de son homogénéisation.”, ajoute Thomas Merckx (UCL).

Aménagement urbain

Ce genre d’étude est essentiel pour concevoir des villes avec des impacts moindres sur la biodiversité, estiment aussi les cherchurs. Sur base de ces résultats, les responsables d’aménagements urbains pourraient atténuer les effets à l’urbanisation de manière plus efficace. Cela implique par exemple la création et la modification des plans d’eau urbains dans le but d’augmenter la quantité et la qualité des habitats.