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Déjà perçu comme une innovation technologique majeure, l’éolien en haute mer (offshore) poursuit son évolution vers davantage d’innovations. Objectifs : améliorer la sécurité en haute mer, assurer la pose des grands moulins à vent dans des profondeurs et des conditions météorologiques difficiles, réduire les coûts d’installation et de maintenance, etc. C’est l’ambition de trois projets actuellement en développement à Saint-Nazaire par la filiale française du groupe coréen STX, en collaboration avec plusieurs acteurs dont l’Ecole centrale de Nantes (expertise, calculs hydrodynamiques et essais en bassin) et l’école de design (Nantes).

1Projet Poseole (navire de pose d’éoliennes). Il vise le développement d’un navire adapté pour le transport d’une éolienne assemblée au préalable complètement sur sa base gravitaire dans un site portuaire. Il présente des caractéristiques semi-submersibles permettant de saisir l’éolienne à son embase. "Grâce à un système de levage basé sur le principe du jacking à pignon à crémaillère, le navire transporte l’éolienne avec une bonne tenue en mer. Il peut ainsi déposer l’éolienne dans une profondeur de 45 mètres d’eau, rapidement et en toute sécurité", explique un responsable de STX France. D’après les estimations, le besoin en navires d’installation dédiés à l’éolien offshore en Europe est estimé à 30 unités à l’horizon 2020, le coût moyen est d’environ 150 millions d’euros, soit un marché de 4,5 milliards d’euros rien que pour le continent européen. Le concept de navire de transport en haute mer des éoliennes assemblées sur terre évite les opérations sur site et, par conséquent, les accidents. Le coût d’installation s’en trouve réduit également. Le développement du navire représente un investissement de 5,705 millions d’euros dont 74 % à charge de STX. Le concept est en cours de validation.

2Projet Watteole. Celui-ci consiste en le développement de nouvelles gammes de sous-stations électriques offshore innovantes en vue de l’acheminement par câbles de l’électricité produite vers les consommateurs. D’après ses concepteurs, les nouvelles sous-stations présentent divers avantages non négligeables. Elles permettent de réduire le poids des structures et le coût de la maintenance de ce genre de produits. Leur design permet une meilleure intégration dans l’univers marin. "On peut estimer que 20 % du marché de sous-stations électriques permettra la création de 150 emplois directs par an, à l’horizon 2020. Les contacts avec les principaux développeurs de champs, fournisseurs électriques et des fabricants d’éoliennes commencent à porter leurs fruits", estiment les dirigeants de STX France.

3Projet Fondeol (fondation support d’éoliennes). Il s’agit de l’une des initiatives les plus innovantes pour le développement de parcs éoliennes en haute mer. Le projet vise à doter les éoliennes de nouvelle génération d’une fondation gravitaire mixte acier/béton, de type jacket transportable par le navire Poseole. "L’innovation et le respect de l’environnement sont au cœur du projet fondeol. L’innovation consiste à proposer un ou plusieurs nouveaux types de fondations d’éoliennes offshore qui permettront une installation facilitée par grande profondeur, dans des conditions météorologiques contraignantes en mer et sur des sols de natures différentes (fond rocheux, etc.)", explique Delphine Gledel, responsable de la communication de STX France.

D’après les ingénieurs, l’empreinte écologique des nouvelles éoliennes offshore montées sur le système de jacket sera réduite, grâce à l’allégement du poids des structures, l’allongement de leur durée de vie et l’optimisation de leur démantèlement. "On peut estimer que la réalisation de ces équipements créera de l’activité évaluée à 600 emplois directs à l’horizon 2020 et un nombre conséquent d’emplois indirects", assurent les dirigeants de STX et leurs partenaires (école centrale de Nantes, etc.).

Le concept d’éolienne sur "jacket" a déjà trouvé une application directe chez nous avec une première mondiale réalisée en juin dernier sur le site de Thorntonbank (lire ci-contre).

Misant sur les énergies marines renouvelables (EMR), les dirigeants et plusieurs entreprises de la Loire-Atlantique ont déjà initié une démarche pour créer une 5e filière dédicacée au sein de leur pôle industriel baptisé Neopolia.