Planète

Ce n’est pas "Sauvez Willy l’orque", mais "Aidez Ben le platéosaure" à s’installer dans la Galerie des dinosaures que vous propose le Muséum des Sciences naturelles, situé à Bruxelles. Si l’opération de crowdfunding (financement participatif) aboutit, pour la première fois depuis cent ans, un nouveau fossile original de dinosaure sera exposé dans la capitale.

Pour autant que le public se montre suffisamment généreux au point de réunir la somme de 25 000 euros nécessaire pour financer les coûts d’exposition, Ben (du nom de son découvreur), le patriarche vieux de 210 millions d’années, devrait en effet rejoindre d’ici la fin de l’année 2017, T-Rex, Diplodocus et Maïasora dans la fameuse Galerie des dinosaures de la rue Vaute.

Débarqué en "pièces détachées" en mai dernier à Bruxelles, en provenance de la carrière de Frick en Suisse sous forme de "prêt permanent", ce grand dinosaure herbivore est depuis lors en train de se faire minutieusement et patiemment nettoyer par des spécialistes au laboratoire de paléontologie de l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique (cf. "La Libre" du 20 juin 2016 ).

Répartis en plusieurs blocs, les ossements fossiles étaient effectivement encore protégés par les sédiments dans lesquels ils gisent depuis des millions d’années et du plâtre, dont les collaborateurs du Muséum devraient venir à bout après une bonne année de labeur.

A titre d’exemple, pour dégager et préparer un seul pied, il faut compter un mois de travail, ni plus ni moins !

La quasi-totalité des ossements - environ 200 - ont pu être rassemblés; des moulages seront réalisés pour les os manquants. " Des quatre caisses arrivées en mai, nous avons déjà dégagé près d’un tiers des ossements , explique Aldo Impens, technicien. Certaines parties, comme le pied droit, sont incroyablement bien préservées mais il y a beaucoup d’ossements en morceaux. Les côtes, par exemple, ne sont qu’une grande collection de fragments que nous devons assembler : c’est comme de couper une carotte en tranches puis de la reconstituer dans le bon ordre ."

© D.R.

Exposé en position probable de vie

Dès qu’il sera fin prêt et entièrement reconstitué, Ben pourra être présenté aux visiteurs du musée " en position probable de vie ", ou naturelle.

"Notre platéosaure est un fossile authentique et ses ossements sont peu fragiles; il pourra donc être exposé au public sans vitrine de protection , ont fait savoir les responsables du musée. Plateosaurus est particulièrement intéressant pour notre Galerie des dinosaures, parce qu’il s’agit d’un des premiers grands dinosaures qui aient habité notre planète. Il illustre parfaitement les changements écologiques des faunes vertébrées lors du passage du Trias au Jurassique et s’intégrera parfaitement dans la salle consacrée à l’évolution des dinosaures. "

A votre bon cœur : rejoignez la Plateoteam !

Mais pour qu’il puisse trôner parmi les siens, et non retourner dans l’anonymat de nos conservatoires, Ben a besoin du soutien du public. Appel au financement participatif (crowdfunding) est lancé dès à présent pour couvrir les frais d’exposition : assemblage et mise en espace sur une armature métallique faite sur mesure, construction d’un podium, développement de matériel pédagogique…

Si l’idée de voir Ben mis sur pied vous séduit, il suffit de rejoindre la Plateoteam (1) et de verser 10 euros pour contribuer au projet (2). Si, par malheur peu probable, celui-ci devait ne pas aboutir, les sommes seront intégralement reversées.

Laurence Dardenne

(1) https ://www.growfunding.be/fr/bxl/plateoteam

(2) Découvrez le projet sur www.facebook.com/plateoteam


Envie de participer à un "crowdfunding" visant à comprendre le déclin rapide des anguilles ?

Selon ce même principe de financement participatif ou crowdfunding, c’est au projet Eeluminium visant à " percer le mystère de la disparition fulgurante de l’anguille de nos rivières " que vous invite Jean-François Rees, professeur de biologie marine à l’UCL. Jadis très abondantes dans les rivières d’Europe, les anguilles tendent à disparaître depuis les années 1980 au point d’être aujourd’hui menacées d’extinction. " Ce projet vise à tester une nouvelle hypothèse originale basée sur une découverte récente, et associant la disparition des anguilles à l’acidification des rivières par les pluies acides ", explique ce spécialiste des poissons des abysses. Après analyse, les scientifiques ont identifié de grandes quantités d’aluminium dans tous les organes (foie, muscles…) des anguilles, comme expliqué dans un article de "Daily Science ". " L’utilisation de technologies de pointe permettra de révéler l’impact des pluies acides sur des échantillons collectés il y a 100 ans. " Pour pouvoir les analyser en grand nombre, un appel est lancé aux sponsors et au public, via une campagne de crowdfunding ( www.futsci.com/project/eel ). " Si l’hypothèse est validée, nous pourrons développer des stratégies pour accélérer la restauration de la population de ces poissons abyssaux venus s’établir dans nos rivières ", espère le Pr Rees.