Planète

Pour sa première bande-dessinée, la jeune illustratrice scientifique française Héloïse Chochois aborde avec intelligence l’histoire d’une branche singulière de la chirurgie: la réparation des corps mutilés. Dans le dernier chapitre de son ouvrage, elle ouvre des perspectives sur le futur de la médecine, ainsi que sur les enjeux du transhumanisme - un mouvement prônant l'usage des sciences et des techniques pour améliorer les capacité de l’être humain. Interview.


Comment est né le projet de votre BD sur la trajectoire de la médecine, qui va de l'utilisation des premières prothèses jusqu’à l’humain augmenté?

Le dessinateur Boulet et Marion Amirganian m’ont proposé de travailler avec eux sur le deuxième ouvrage de leur collection “Octopus”, aux Éditions Delcourt. Nous sommes partis sur la médecine. De fil en aiguille, nous avons évoqué les thèmes de l’amputation, de l’homme en morceau, des prothèses et, pour aller plus loin, de l'homme réparé à l'homme augmenté, avec toutes les questions que cela charrie.

Quand on commence par aborder les prothèses, on finit, donc, assez naturellement par s’interroger sur le transhumanisme?

Il me semble. J’aime beaucoup la science-fiction. Dès que j’ai commencé à travailler sur les parties historiques de la BD, qui concernaient les premières prothèses, j’ai vite pris conscience que cette branche particulière de la chirurgie, la réparation des corps mutilés, renvoie aux questions suivantes: Comment utiliser la technique? Jusqu'où peut-on l’utiliser? Or, ces questions se retrouvent non seulement dans de nombreux ouvrages de science-fiction, mais aussi au cœur de la réflexion transhumaniste...