Une Wallonie plus verte, c’est du boulot

Paul Piret Publié le - Mis à jour le

Planète

Que reste-t-il de leurs (relatifs) amours ? A la mi-2007, au début de la législature régionale wallonne, Inter-Environnement Wallonie "avait salué un Olivier prometteur. Aujourd’hui, à deux ans du terme, nous souhaitons rappeler les engagements pris par le gouvernement et le pousser à l’action", indique son Secrétaire général, Christophe Schoune.

Il y a "de belles avancées", poursuit-il. Telle, "enfin", la mise en œuvre de la première alliance emploi-environnement consacrée à la construction durable. Mais "des coups de froid" sont venus geler "des bourgeons" : la fiscalité environnementale "est au point mort"; le dispositif éolien "ne sortira pas avant les élections communales" (même si on croit savoir qu’il revient cette semaine en intercabinets, NdlR); la réforme des noyaux d’habitat "semble mise au frigo".

Plus précisément, la fédération a épinglé 109 points de la déclaration de politique régionale relatifs à des enjeux environnementaux. A chacun sa cote. Et un bulletin plutôt équilibré en trois parts assez égales : 34 jugements positifs, 33 négatifs, 42 en ballottage. Ces derniers, les plus nombreux, sont ceux qui devraient disparaître à l’évaluation finale Ce n’est là qu’indicatif, car tous ces points sont d’importance très variable. On s’attachera plutôt aux priorités à venir que dégage IEW.

Il y en a une petite vingtaine.

Ainsi, rayon climat, le décret spécifique est en cours d’élaboration, déjà nanti d’une note positive. Pour les économies d’énergie en revanche, "c’est nettement moins bon", évalue Marie Cors, Directrice politique à IEW : "Rien n’est sur la table. C’est grave. Si on ne commence pas maintenant, on n’arrivera pas à réduire la consommation".

Rayon territoire, revoici notamment l’attente sur le Sder, le Schéma de développement de l’espace régional, à l’actualisation nécessaire et promise, en cours de consultations. Quant au schéma de développement commercial, on le jugera sur son ambition. Or, "il n’y a toujours rien de très concret à ce stade", prolonge Mme Cors.

Rayon mobilité durable, pas encore de travail spécifique sur le plan promis. Tandis que pour la fiscalité routière, en concertation intrarégionale, on slalome selon les cas entre "point mort" et "avancées possibles". Le rail ? Le bureau Tritel a permis d’identifier de grands projets. Mais pour les suites, ce n’est pas encore clair au fédéral; et les investissements en Wallonie seraient abusivement grevés par la liaison avec l’aéroport de Gosselies qu’IEW juge décidément inadéquate. Quant aux futures infrastructures à Mons (gare) et Namur (dalle des bus), il y aurait confusion d’objectifs : ce sont des projets de rénovation plutôt que structurants

IEW aura l’œil encore, et notamment, sur les plans de gestion de l’eau ("manque d’ambitions"), la lutte contre les pesticides (idem), Natura 2000 ("il y a eu retard"), l’orientation agricole durable (le projet de décret-cadre là-dessus est en cours de concertation sans IEW).

A plus long terme, un troisième plan Marshall devrait bien être celui du développement durable. Et côté alliances emploi-environnement, il serait temps d’en identifier un deuxième thème.

Et la majorité PS-Ecolo-CDH est capable de tout ça ? Ses lenteurs, Marie Cors les attribue à des causes techniques (comme la définition juridique de concession pour les implantations éoliennes) et politiques ("Les partenaires ne sont pas vraiment des partenaires. Il n’y a pas de sérénité, on le déplore"). M. Schoune ajoute ce "changement de paradigme" : il faut du temps pour digérer l’intégration transversale de l’environnement dans toutes les thématiques des accords de gouvernement régional.

Mais c’est en cela aussi qu’ils sont "largement positifs". Surtout à les comparer au niveau fédéral, où on en est là "au point zéro".

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