Planète La Commission européenne a présenté lundi, lors d’un conseil agricole, son rapport sur “les plan d’action nationaux des États membres et sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la directive sur l’utilisation des pesticides compatible avec le développement durable”.

Cette directive contraignante, votée en 2009, prévoyait que les États membres adoptent un plan d’action (PAN) pour novembre 2012 au plus tard. Chaque PAN devait contenir “des objectifs quantitatifs, des cibles, des mesures et des calendriers afin de réduire les risques et effets de l’utilisation des pesticides sur la santé humaine et l’environnement”. Les PAN sont réexaminés tous les 5 ans et ils viennent donc de l’être par la Commission.

Dans son rapport, la Commission pointe que “malgré des progrès substantiels, il existe d’importantes lacunes dans de nombreux domaines des PAN en matière de pulvérisation aérienne, information au public, mesures de protection aquatique et collecte d’information sur les cas d’empoisonnement”.

En Belgique, du bon et du moins bon

Au sein des 28, la Belgique ne fait pas figure de mauvais élève mais son bulletin pourrait être meilleur. Parmi les bons points, elle a fixé des cibles mesurables de réduction des risques liés à l’usage des pesticides; elle collecte des informations sur les cas d’empoisonnements aigus; elle a interdit la pulvérisation aérienne et n’a octroyé aucune dérogation autorisant ce type d’épandage. On peut encore citer la future interdiction de la vente de glyphosate aux particuliers et un taux de vérification des pulvérisateurs proche de 100  %.

Zéro pointé, en revanche, sur la formation et la certification des utilisateurs professionnels, conseillers et distributeurs de pesticides. La Belgique n’oblige pas non plus les agriculteurs à informer leurs voisins avant de répandre des pesticides sur leurs champs.

Le rapport d'activité provisoire du Plan fédéral belge de réduction des pesticides pour la période 2013-2016 peut être consulté ici.

Lors du conseil agricole de lundi, les 28 ministres de l’Agriculture ont expliqué quelques moyens mis en œuvre dans leur pays. Voici ce que le Belge Denis Ducarme a déclaré. “La Belgique est très active en la matière. Elle a implémenté un plan d’action en 150 mesures et veut améliorer la lutte contre les risques pour les usagers professionnels. Nous avons l’objectif de nous tourner vers l’utilisation de produits à faible risque. Nous progressons dans la formation des professionnels et dans la recherche d’alternatives. Mais ces alternatives doivent ensuite trouver accès au marché. Je demande donc à l’Europe de soutenir les produits à faible risque.”