Planète

Le climatologue et ancien vice-président du Giec, Jean-Pascal Van Ypersele, a rappelé lundi au Parlement wallon l'urgence d'agir pour lutter contre le réchauffement climatique, soulignant les avantages à limiter la hausse de la température mondiale à maximum 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Invité à quelques jours du début de la COP24 (Conférence climat de l'Onu), prévue du 3 au 14 décembre à Katowice (Pologne), à s'exprimer sur le rapport spécial du Giec publié début octobre, M. Van Ypersele en a détaillé les grandes lignes devant la commission budget, énergie et climat du Parlement de Wallonie. "Une bonne nouvelle de ce rapport, même si elle est un peu théorique, est que les émissions de gaz à effet de serre passées ne sont pas suffisantes pour nous conduire inéluctablement à un réchauffement de 1,5°C. En d'autres mots, l'objectif est entre nos mains", a-t-il affirmé.

Le rapport du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) détaille aussi les différences, en termes d'évènements météorologiques extrêmes, de montée des eaux, de dégradation de la biodiversité ou de baisse des rendements des céréales, entre un réchauffement d'1,5°C et une hausse des températures de 2°C. "L'adaptation est plus facile à 1,5°C qu'à 2°C et les pertes résiduelles sont moins importantes", résume l'ancien vice-président du Giec, pour qui, dès lors, "chaque demi-degré compte".

Au passage, Jean-Pascal Van Ypersele a rappelé que l'objectif de l'Accord de Paris est de contenir le réchauffement non pas juste en-dessous de 2°C mais "bien en-deça" de 2°C -le climatologue propose la valeur d'1,75°C pour illustrer cette formule-, voire à 1,5°C. Les relevés météorologiques montrent que la hausse des températures mondiales est déjà d'un peu plus d'1°C par rapport à l'ère pré-industrielle alors que les engagements pris jusqu'ici par les Etats conduisent à une trajectoire de réchauffement de plus de 3°C. "Ce n'est pas seulement en remplaçant les lampes à incandescence par du led que l'on va y arriver; il faut un changement de système", estime encore le climatologue et professeur à l'UCL, soulignant l'urgence d'une réduction importante des émissions de gaz à effet de serre avant 2030. "Très clairement, chaque année compte. Il y a urgence."

M. Van Ypersele a enfin souligné les nombreux co-bénéfices et synergies possibles entre l'effort climatique et la poursuite des objectifs de développement durable, citant, par exemple, l'impact positif sur la qualité de l'air de mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre ou les créations d'emplois que peuvent générer des activités comme l'isolation des bâtiments.