Planète Sous un soleil de plomb, à l’ombre de quelques dattiers étriqués aux teints blanchâtres, Mohammed Khalil Ibrahim, 73 ans, se penche avec difficulté. Sa main ridée vient recueillir en son creux, le peu d’eau qui serpente dans son exploitation agricole. Le vieil homme y trempe sa langue. "Vous voyez, elle est salée’’, s’exclame-t-il. Dans le bassin du Tigre, où se concentre 60 % de l’agriculture, la surutilisation d’une irrigation archaïque a considérablement augmenté la salinisation des sols. Une fois humidifiés en profondeur, les sols se gorgent de sel, naturellement présent et qui remonte à la surface. Par ailleurs, l’eau venue de Turquie, par l’Euphrate et le Tigre, est hautement polluée par l’agriculture intensive du pays voisin. Les résidus chimiques accélèrent le phénomène et l’évaporation, créant des croûtes de terre sèches, toxiques et stériles.
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