Politique belge

La politique belge - sur son versant francophone - est à nouveau sens dessus dessous. Et bien malin qui pourrait dire comment sortir de l'impasse actuelle. Les responsables politiques devraient peut-être se repencher sur l'histoire de leur parti et se rappeler ce qui a motivé leurs lointains prédécesseurs à vouloir changer la société. "La Libre" va les y aider.

Le Parti socialiste traverse l’une des crises les plus douloureuses de son histoire. La belle mécanique de cette organisation façonnée pendant 132 ans pour l’exercice du pouvoir s’est enrayée. Elle est devenue le nouveau paria d’un paysage politique francophone miné par les scandales. Pour remonter la pente, le PS devra sans doute se réinventer. Pourquoi pas en allant retrouver dans son histoire les valeurs qui semblent s’être dissoutes dans le comportement de certains de ses mandataires et dans le laisser-faire de l’appareil ?

Une misère crasse

Le socialisme en Belgique est né de la misère sociale et de l’extrême injustice, celle qui interdisait aux classes laborieuses de revendiquer les droits les plus élémentaires. Dans la jeune Belgique du milieu du XIXe siècle, les populations ouvrières et artisanes vivent dans le dénuement. "Dans un climat de croissance industrielle et de prospérité en constante progression, la misère du plus grand nombre contraste avec l’arrogante richesse des nantis, écrit Marcel Liebman, professeur d’histoire des doctrines politiques (ULB). On l’observe dans tous les domaines : celui de l’alimentation, du logement, de la santé - si l’on peut dire -, des conditions de travail, y compris celui des femmes et des enfants."