Politique belge

La politique belge - sur son versant francophone - est à nouveau sens dessus dessous. Et bien malin qui pourrait dire comment sortir de l'impasse actuelle. Les responsables politiques devraient peut-être se repencher sur l'histoire de leur parti et se rappeler ce qui a motivé leurs lointains prédécesseurs à vouloir changer la société. "La Libre" va les y aider.

Créé en 1846, le parti libéral est la première force politique à se structurer en Belgique. Cette naissance, célébrée dans la douleur, n’était pourtant pas inscrite dans les astres. Durant les premières années de l’indépendance belge, le monde libéral est particulièrement divisé sur le plan des idées et des intérêts. Les doctrinaires modérés s’opposent aux radicaux plus progressistes. Certains libéraux restent même orangistes car ils regrettent la politique économique du roi des Pays-Bas, tandis que d’autres prônent l’union avec les catholiques pour défendre le jeune État encore menacé par ses voisins.

L’Église inquiète les libéraux

D’autres libéraux sont particulièrement animés par un sentiment anticlérical qui allait monter inexorablement au cours du siècle. L’Église, libérée des entraves concordataires et profitant de la liberté d’association consacrée dans la Constitution, s’était en effet montrée particulièrement active, créant notamment de nombreuses écoles. Le clergé était, en outre, passé à l’offensive en invitant les électeurs catholiques à se montrer fidèles à leur religion dans les urnes.

À partir de 1841, l’angoisse libérale face à un pouvoir rappelant l’Ancien Régime est exacerbée par plusieurs crises gouvernementales où le roi Léopold Ier semble se ranger du côté des adversaires des libéraux. Une nouvelle crise au début de l’année 1846 précipite les événements, avant que les loges ne contre-attaquent.