Politique belge

La politique belge - sur son versant francophone - est à nouveau sens dessus dessous. Et bien malin qui pourrait dire comment sortir de l’impasse actuelle. Les responsables politiques devraient peut-être se repencher sur l’histoire de leur parti et se rappeler ce qui a motivé leurs lointains prédécesseurs à vouloir changer la société. "La Libre" va les y aider.

Le "C" se savait menacé depuis des mois. Sans surprise, son exclusion lui a été signifiée le lundi 13 mai 2002 à une très large majorité : 31 pour, deux contre, deux abstentions.

Ce matin-là, Joëlle Milquet, présidente de ce qui est encore le Parti social-chrétien (PSC), avait convoqué les membres du bureau politique, à 9 h, "Au Repos des Chasseurs", un restaurant de Watermael-Boitsfort. Durant la réunion, rares sont ceux qui s’opposent à la volonté de leur patronne de changer le nom du parti et surtout sa ligne politique.

Joëlle Milquet reçoit le soutien espéré. Standing ovation. Lasagne et porchetta avec asperges ponctuent copieusement la matinée. Le samedi suivant, 18 mai, un congrès spécial du parti officialise la décision prise cinq jours plus tôt.

Adieu le PSC. Adieu le "C" de chrétien. Vive le CDH, le Centre démocrate humaniste. Si le "C" n’a pas totalement disparu, sa mue est plus que symbolique.

"Il a fallu convaincre, se remémore Mme Milquet. Mais au changement de nom avait précédé un changement de fond, un profond travail de remise en question qui avait abouti à l’adoption de la Charte de l’humanisme démocratique. Ce n’était pas une remise en cause des valeurs de l’humanisme chrétien, mais il fallait qu’elles soient mieux portées, de manière plus universelle. Or, à l’extérieur du PSC, il y avait l’impression que l’on portait uniquement l’intérêt de l’école libre, de la CSC ou du monde associatif chrétien. Pourtant, on défendait tout le monde, mais ça ne se voyait plus."