Politique belge

Premier candidat effectif sur la liste du PS à Liège, le député-bourgmestre sortant, Alain Mathot ne semble pas prendre ombrage du score historique du dernier de la liste, le ministre fédéral des Pensions démissionnaire, Michel Daerden. "Je suis l’homme le plus heureux. J’avais deux objectifs en entamant ces élections : conserver les 6 sièges que nous avions à Liège, je n’osais pas rêver au 7e siège; ne pas me ridiculiser en faisant moins que mon score de 2007 (25 500 voix de préférences). J’ai rempli mon contrat, car la liste que je tire a pris un 7e siège et j’ai augmenté mon score de plus de 73 % avec 42 730 voix de préférence. C’est le 5e score au niveau wallon et le 11e au niveau fédéral. Même si Michel Daerden affiche un score de plus de 72 000 voix, je m’en fous un peu", nous a confié mardi matin le leader de la nouvelle génération du PS à Liège. Au lendemain de la veille de la joute électorale, il semble avoir bien fêté sa performance et celle de sa liste. La voix est encore cassée. Pas de place donc pour l’amertume.

Mais la question est de savoir si, fort de son score historique, le bourgmestre en titre d’Ans, Michel Daerden, ne risque pas de revendiquer un rôle plus important au sein de la fédération liégeoise du PS. D’ailleurs, sa sortie dimanche sur les plateaux de télévision ironisant sur le score d’Alain Mathot ne serait-il pas une (subtile ?) manœuvre pour raviver la guerre des tranchées entre les deux tendances, Mathot Jr-le bourgmestre de Liège Willy Demeyer-le ministre wallon Jean-Claude Marcourt d’un côté et le clan du ministre fédéral de l’autre ? Celui-ci a indiqué qu’Alain Mathot a voulu jouer et il a perdu. "Michel a toujours eu droit de cité au sein de la fédération liégeoise du PS, personne ne voulait le mettre au placard. Quant à sa sortie de dimanche sur moi, je ne l’ai pas très bien comprise. Je ne sais pas à quoi il fait allusion. Je ne sais pas s’il est fâché et je me demande contre quoi ou qui d’ailleurs. Je ne suis pas en concurrence avec lui, lui et moi ne sommes pas de la même génération. Je n’ai que 37 ans. J’estime que la liste que j’ai tirée a fait du bon travail et tout les candidats y compris Michel ont contribué au succès avec 7 députés sur le total des 26 sièges que le PS a obtenu. Maintenant, il faut voir si le rapport de force autour de la table des négociations au niveau fédéral permettra au PS de réaliser son programme", répond Alain Mathot, également vice-président du PS liégeois.

Avec son score, la fédération a-t-elle déjà des exigences en terme de postes ministériels ? "Il est encore trop tôt pour parler de ça, tout dépendra des négociations. Mais il est clair qu’avec notre performance, il sera impossible pour le parti de ne pas en tenir en compte", conclut-il.