Politique belge

Surprise. Benoit Lutgen (CDH) a choisi Alda Greoli pour succéder à Joëlle Milquet à la Culture et comme vice-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Portrait.

Alda Greoli est vraiment la surprise de ce remaniement. Elle ne prendra pas le Sport comme le bruit en avait couru (le Sport passe au PS), mais sera bien Vice-présidente de la Fédération à côté de Rudy Demotte et surtout, elle occupera le poste difficile de ministre de la Culture en plus de l’Education permanente et de la Petite Enfance.

Elle sera en effet, à la Culture, face à de grands chantiers toujours en cours (comme le décret des Arts de la scène et la réflexion « Bouger les lignes ») et face à des arbitrages très difficiles à faire et toujours très impopulaires quand l’argent n’est plus là. Les contrats-programmes des théâtres sont bloqués depuis des années et en attente. Idem pour les musées. Et les factures s’accumulent pour les infrastructures nouvelles malgré le blocage des investissements en infrastructure intervenu déjà sous Fadila Laanan. Le poste de la Culture est aujourd’hui très difficile.

Elle est donc avant tout une spécialiste du non-marchand, de la santé et de la dernière réforme de l’Etat appliquée à la santé. Elle est peu apparue dans des dossiers culturels mais un communiqué du CDH précise qu’elle est « passionnée de culture et s’est, tout au long de sa carrière, impliquée dans ce secteur notamment en prenant des initiatives comme la création d’une radio libre ou en qualité de membre du Conseil d’administration du festival de Théâtre de Spa » (festival qui est sur la sellette comme on le sait).

D’origine liégeoise, elle habite à Schaerbeek à la rue Paul Deschanel. Alda Greoli est née le 26 octobre 1962.

Analyste programmeur de formation, Alda Greoli a d’abord travaillé dans l’informatique puis dans un cabinet d’avocat. En 1997, Philippe Maystadt, à l’époque Président du PSC, la remarque tant dans son engagement politique local que dans ses initiatives en matières sociales. En particulier, la création de projets tels que l’accueil extra-scolaire, des écoles de devoirs et des bibliothèques de rues. Elle devient Secrétaire nationale du CDH pour le secteur non-marchand où elle est chargée des relations avec le monde associatif, les mouvements et les fédérations ou le secteur de l’économie sociale. En 2001, elle devient Directrice du Département Socio-éducatif de l’Alliance nationale des Mutualités chrétiennes (ANMC). En août 2005, elle devenait également Conseillère de la Vice-Première Ministre Laurette Onkelinx (PS) pour les matières de sécurité sociale, d’emploi, de pensions et de santé. Une preuve de son ouverture d’esprit et du fait qu’elle n’est en tous cas pas dans l’aile droite du CDH. Elle accède alors, en 2006, à la fonction de Secrétaire nationale de la Mutualité chrétienne, poste qu’elle occupa jusqu’en 2014.

Outre ses fonctions au sein de la Mutualité chrétienne, Alda Greoli occupait ces dernières années la présidence de la plate-forme du volontariat, était membre du bureau de l’UNIPSO, l’Union des entreprises à profit social et membre des conseils d’administration de l’UNIPSO et de l’UNISOC (Union des entreprises à profit social).

Benoît Lutgen connaît donc depuis quinze ans cette fidèle du parti.

En 2014, elle devenait cheffe de cabinet de Maxime Prevot, ministre wallon, entre autres, de la Santé, de l’Action sociale et des Allocations familiales. C’est elle qui, chez Prevot, s’est occupée de la mise en place des nouvelles compétences transférées aux entités fédérées par la dernière réforme de l’Etat, dont l’assurance autonomie, l’organisation des soins de santé ou les personnes âgées. Elle a notamment travaillé à la mise en place de l’AVIQ – organisme qui accueille l’ensemble des compétences transférées en santé et en allocations familiales.

Ceux qui ont on de nombreux contacts avec elle chez Maxime Prevot la décrivent comme « quelqu’un de très franc, pas facile, mais quand elle a dit quelque chose elle s’y tient. Elle a de la suite dans les idées. On pet avoir confiance en elle. » On la présente parfois comme une « machine de guerre » qui devra marquer la présence du CDH au gouvernement de la Fédération.

Son objectif a-t-elle précisé samedi : "Veiller à ce que la culture soit accessible pour tous". « La culture, les artistes, pour ouvrir la relation au beau et à l’esthétique », ajoute-t-elle