Politique belge

Le vice-Premier ministre libéral flamand Alexander De Croo a proposé de recourir à une privatisation des chemins de fer belges afin de répondre, dit-il, à l'insatisfaction générale à l'égard des services rendus par la SNCB et Infrabel, lors d'une conférence lundi au B19 Business club à Uccle, rapporte L'Echo mardi. "La SNCB et Infrabel ne sont clairement pas satisfaisants: il faut ouvrir progressivement la discussion sur l'entrée de partenaires privés", a déclaré M. De Croo.

"Il faut faire entrer des capitaux privés aux chemins de fer belges, pas immédiatement, mais en tout cas, il faut ouvrir la discussion à ce sujet", est d'avis le libéral qui déplore que "personne n'est satisfait des chemins de fer".

"Pourquoi faut-il encore que les conseils d'administration soient l'émanation du politique? C'est ridicule. Pourquoi ne pas faire entrer des responsables des chemins de fer suisses ou japonais? Des personnes comme cela disposent quand même d'une solide expérience et ce serait des plus-values", a poursuivi le ministre.

Alexander De Croo a également indiqué que l'entrée de Belfius en Bourse à court terme lui apparaissait désormais très difficile, voire impossible. "Je le regrette mais je vois mal comment faire cela en pleine période électorale", a-t-il expliqué.

"La privatisation n'est pas une option pertinente" pour la CGSP

La CGSP Cheminots invite Alexander De Croo "à observer la réalité de l'évolution des sociétés des chemins de fer européens" parmi lesquelles certaines pourraient être renationalisées, après la sortie du vice-Premier ministre relayée dans les colonnes de L'Echo. Le libéral y plaidait pour une privatisation d'entreprises publiques, dont la SNCB, afin de répondre à "l'insatisfaction générale à l'égard des services rendus". "La SNCB et Infrabel ne sont clairement pas satisfaisants: il faut ouvrir progressivement la discussion sur l'entrée de partenaires privés", a déclaré M. De Croo au B19 Business club à Uccle lundi.

Pour le syndicat socialiste, "la privatisation n'est pas une option pertinente puisqu'elle conduira à démanteler le service public, à réduire l'offre et à augmenter les tarifs".

La CGSP Cheminots dénonce une nouvelle "déclaration fracassante et provocante, ne reposant que sur le dogme ultra-libéral". "Le processus est connu: dans un premier temps, le gouvernement réduit les investissements et les dotations afin d'altérer l'offre. Ensuite, il s'attaque aux agents au travers du statut du personnel. Pour enfin arriver à la conclusion que l'alternative consiste en la privatisation."

Ce n'est pas la première fois qu'un membre du gouvernement évoque la privatisation des chemins de fer. Des ministres N-VA avaient déjà plaidé en ce sens il y a quelques mois, provoquant une levée de boucliers notamment du PS et du PTB. Mais le ministre de la Mobilité François Bellot s'était lui aussi opposé à l'idée. Dans les colonnes de La Libre et de la DH, il avait jugé le projet "infaisable" et "inenvisageable". De son côté, le Premier ministre Charles Michel avait démenti les propos de son ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, en affirmant qu'une privatisation de la SNCB n'était pas "à l'ordre du jour".

Le PTB veut ouvrir le CA à des représentants des usagers et du personnel

Alors que le Vice-premier ministre Alexander De Croo a évoqué l'idée d'une privatisation de la SNCB afin de répondre "à l'insatisfaction générale à l'égard des services rendus par la SNCB et Infrabel", le PTB, lui, plaide plutôt pour une ouverture de son conseil d'administration à des représentants des usagers et du personnel. "Ils connaissent mieux que quiconque les chemins de fer belges puisqu'ils l'utilisent tous les jours. Nous ne voulons pas privatiser la SNCB, mais la démocratiser", indique le parti. Selon ce dernier, "privatiser pour améliorer le service, c'est l'argument utilisé par les libéraux pour justifier les privatisations du rail dans toute l'Europe, à commencer par l'Angleterre. Mais cet argument a été totalement démonté par les faits."

"Nous avons besoin d'une SNCB du 21e siècle. Au lieu de réaliser des économies sur la SNCB, nous devons investir pour élargir l'offre, améliorer la qualité et la sécurité", conclut le PTB.