Politique belge

A la commission d'enquête Publifin du Parlement wallon, la journée fut marquée par l'absence d'André Gilles (PS), qui devait être entendu. Le président des conseils d'administration de Publifin et de Nethys a envoyé un certificat médical de 15 jours quelques minutes avant l'ouverture de la séance. Suspicieuse, la commission a mandaté un médecin légiste pour vérifier la réalité de cette maladie. Peu avant 17h, on apprenait finalement que, dans son rapport, le médecin légiste confirmait l'état de santé déficient et "incompatible avec une audition".

Avant cette confirmation, le MR avait réclamé la démission d'André Gilles (PS) de la présidence du conseil provincial de Liège (où le MR est partenaire de coalition). Au vu de l'expertise médico-légale, le parti libéral a retiré sa demande. Une imprudence de la part d'Olivier Chastel et de ses équipes ? Pas du tout répond le président du MR, qui avait l'impression qu'André Gilles se moquait de la commission. "On n'était pas les seuls à avoir ce sentiment, vu l'accumulation de faits après le comportement de M. Gilles devant la commission spéciale".


D'autant que deux éléments avaient alimenté les doutes. Tout d'abord, un article de Sudpresse faisant état de la présence de M. Gilles ce lundi soir chez Nethys, où il aurait "bu beaucoup", selon une source interne à Nethys. En outre, le député Dimitri Fourny (cdH) a reçu un cliché montrant M. Gilles souriant, toujours ce lundi, à un événement des aspirants policiers.

(André Gilles est au centre, avec son écharpe, à gauche d'Hervé Jamar)

Interrogé sous serment, le vice-président de Nethys Georges Pire (MR) a confirmé avoir vu M. Gilles la veille au soir et avoir constaté qu'il n'était pas dans son meilleur état de santé, ce qui serait le cas depuis quelques jours. M. Pire a dit avoir reçu ce matin un appel de M. Gilles lui indiquant qu'il avait dû faire venir son médecin vers minuit pour des problèmes de tension et ne pourrait se présenter devant la commission.

Dans son courriel envoyé ce matin, André Gilles avait assuré les membres de la commission qu'il ne s'agit "pas d'une dérobade" de sa part, et qu'il est prêt à comparaître à une date ultérieure.

M. Gilles sera finalement réentendu le 9 mars, l'audition de l'administrateur délégué de Nethys Stéphane Moreau, lui aussi sous certificat médical, étant elle convoquée le 10 mars.


Georges Pire ne nie pas que les fédérations des partis étaient au courant

Le vice-président de Nethys Georges Pire (MR), a confirmé avoir gagné près de 300.000 euros bruts en 2015 grâce au cumul de ses mandats publics, dérivés du public et privés. L'ex-conseiller provincial, qui a démissionné le 11 février dernier de ses mandats publics à la demande de son parti, s'est dit conscient que ce montant pouvait choquer l'opinion publique, ce qui a justifié sa démission, mais il affirme qu'il y a derrière ces montants "beaucoup de travail".

Durant cette journée, le vice-président de Nethys n'a pas nié que les fédérations des partis politiques et les fédérations d'arrondissement de ces partis étaient au courant de la création des comités de secteur et des rémunérations qui y étaient pratiquées. "Vous avez signé un engagement à faire le reporting. Donc ça veut dire que les grandes décisions prises - constitution des comités de secteur, en ce compris les rémunérations y afférentes - étaient transmises à l'organe compétent, et vous parliez de fédération provinciale...", a demandé Patrick Prévot (PS).

"Je ne suis pas gêné à donner des noms des représentants, du président de la Fédération provinciale, et des trois fédérations d'arrondissement, et aucun parti n'a de problème à communiquer ces noms-là, je ne suis d'ailleurs pas là pour avoir des états d'âme", a répondu M. Pire.




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