Politique belge

Ses pronostics de médailles, les doutes de Jacques Rogge, la politique sportive, les élections à venir, le décret inscription,...

Depuis les JO de Londres, André Antoine, le ministre du Budget, des Finances, de l'Emploi, de la Formation, des Sports et chargé de la politique aéroportuaire à la Région wallonne et à la Communauté française est L'Invité du samedi de LaLibre.be.

Vous êtes à Londres en tant que ministre des Sports, vous comptez y passer deux semaines?

Non, je rentre déjà la nuit prochaine pour travailler, mais je reviendrai la semaine prochaine.

Quels sont vos pronostics de médailles belges?

Moi, je m'aligne sur les prévisions du COIB et ceux de Pierre-Olivier Beckers, qui a toujours avancé entre 3 à 6 médailles. Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a autant de chances du côté néerlandophone que du côté francophone. Ça n'a pas toujours été le cas. Du côté néerlandophone, on compte beaucoup sur Tia Hellebaut et Tom Boonen. De notre côté, il y a Philippe Gilbert, Philippe Lejeune et bien sûr la fratrie Borlée, dont on attend un exploit comme à Monaco.

Quelles disciplines sportives faut-il le plus valoriser ?

Avant tout, il a fallu opérer un réinvestissement financier, car le sport a été très longtemps le 'parent pauvre' de la politique. Depuis 2009, on n'a cessé d'augmenter les crédits pour le sport, avec un budget qui est passé de 90 à environ 120 millions. Ensuite, j'ai voulu soutenir le sport d'élite pour susciter derrière eux un engouement populaire et une pratique sportive plus importante chez les amateurs et les jeunes. Ici, on est passé de 38 contrats en 2009 à 74 contrats en 2012 avec des sportifs de haut niveau. L'objectif est d'atteindre 100 statuts à la fin du mandat.

Quels avantages représente un tel statut pour ces 74 sportifs de 'haut niveau'?

Nous finançons des sportifs à travers un contrat d'emploi, comme les Borlée ou David Goffin afin de leur permettre de progresser dans leurs entraînements, stages et compétitions. Nous évaluons leur progression chaque année. Et dans les 'élites/espoirs', nous avons dépassé notre objectif de 1.000 statuts pour 2014, car il y en a déjà 1.114 actuellement. Concrètement, nous avons signé le contrat de David Goffin en 2009. Il a ainsi pu s'entraîner et progresser avant de percer dans différents tournois, jusqu'à l'éclosion de Roland Garros. Cela leur permet d'être débarrassé de toutes les considérations matérielles. Et dès qu'ils peuvent voler de leurs propres ailes - ce sera le cas de David Goffin - ils perdent leur contrat.

Comment sensibilisez-vous les jeunes au problème du dopage?

J'avais hérité d'une situation catastrophique. La Belgique a failli ne pas être qualifiée, car nous n'avions pas de législation conforme à l'agence mondiale antidopage. Nous avons maintenant des textes similaires dans les 3 communautés à ce sujet. Concrètement, plus la discipline est à risque, comme le cyclisme, plus nous multiplions les contrôles et renforçons les critères. A cela s'ajoute une campagne de sensibilisation dans les clubs et des chartes éthiques par discipline.

Vous avez des dépenses spécifiques liées aux JO?

Oui, prenons l'exemple du hockey. Nous avons couvert les entrainements et les déplacements des délégations hommes et femmes à hauteur de 220.000€, parce que la fédération n'était pas capable ou plutôt n'avait pas prévu de supporter de tels coûts en ayant la chance de qualifier les deux équipes. Nous soutenons ainsi cette discipline qui est en pleine explosion, car le nombre d'affiliés a doublé en seulement quelques années.

Jacques Rogge, Président du Comité Olympique International, estime que "économiquement" la Belgique pourrait recevoir les JO, mais il met en doute la capacité de nos politiques d’organiser un tel évènement pendant 7 années en étroite collaboration avec le mouvement sportif. Pas vraiment un compliment.

Ces propos sont de sa responsabilité. Tout ce que je peux dire, c’est que nous avons signé un protocole de collaboration et de coopération avec le COIB, ce qui est une grande première. Les ministres des Sports Philippe Muyters, Isabelle Weykmans et moi-même nous voyons régulièrement. Cela ne s’était plus passé depuis une vingtaine d’années. Peut-être l’ignore-t-il ? Car il est vrai qu’avant chacun restait un peu de son côté de la frontière linguistique. Maintenant, il y a une instance de coordination sportive entre francophones, néerlandophones et germanophones.

Pour vous, des JO belges, c'est donc possible?

Oui, mais cela nécessiterait que le fédéral s'y implique aussi. Comme il l'avait fait à l'époque avec les Championnats d'Europe de football. Mais l'enjeu sera évidemment l'infrastructure.

Mais, est-ce souhaitable?

Il est en tout cas souhaitable que la Belgique puisse encore organiser de grandes compétitions internationales. La Wallonie le fait avec le Grand-Prix de F1, les premières étapes du Tour de France et le jumping de Liège.

Revenons sur le Centre sportif de haut niveau. Là, on allait voir ce qu'on allait voir, un site formidable... puis on se retrouve avec une simple piste d'athlétisme couverte. Ce n'est pas une déception pour vous?

Non, car si vous y joignez l'effort de plus de 100 millions pour les centres Adeps, plus les 20 millions pour Louvain-la-Neuve, plus l'investissement de la province: on va se retrouver avec un investissement de 30 millions pour ce Centre. Franchement, jamais nous n'avions investi autant pour un centre indoor d'athlétisme et la capacité de recevoir des compétitions nationales et internationales avec des gradins pouvant accueillir jusqu'à 3.500 spectateurs.

Récemment, une élue MR vous accusait de mélanger intérêts publics et privés en subsidiant le tournoi de Christophe Rochus à Grez-Doiceau, où il est aussi candidat cdH. Avec recul, quelle est votre réaction?

Stupide! C'est stupide, car c'est vraiment une ignorance complète de la part de madame de Coster. Elle ignore que nous soutenons tous les tournois de tennis. Ici, il ne s'agît même pas du tournoi de Rochus, mais celui du Club du Bercuit, dont il n'est même pas le président... Cela aurait plutôt été une erreur de ne pas le soutenir, d'autant que notre apport n'est que de 25.000€ sur un budget de 300.000€.

Aux communales, vous serez tête de liste à Perwez tout en sachant que vous ne serez pas bourgmestre... Ce n'est pas un problème pour les électeurs?

Non, je reste le chef de file de la liste, je participe à tous les conseils communaux et j'anime évidemment la vie politique locale. Il y un actuellement un bourgmestre ff qui a ma pleine confiance, mais c'est en équipe que nous travaillons. Ce n'est pas un seul homme. J'ai bien les pieds à Perwez, même si j'ai souvent la tête à Namur ou à Bruxelles. (NDLR: A Perwez, cdH et PS se présentent ensemble sous la bannière DRC+ face aux libéraux-écolos)

Enfin, vous êtes un élu du Brabant wallon, où le décret inscription pose quelques problèmes d'enfants sans école. Quelle est votre position sur ce décret?

Je trouve que Marie-Dominique Simonet a magnifiquement œuvré en mettant un terme aux files et aux larges mécontentements connus avec les décrets Dupont et Arena. Si je prends les chiffres du BW, on a encore seulement 3 élèves qui n'ont pas trouvé l'école de leur premier choix. Mais il reste toute une série de places disponibles, car il n'y a qu'une seule école complète pour le moment dans le BW. C'est mieux que l'année dernière et d'ici fin août, cela sera sans doute solutionné. Il faudra de toute façon ouvrir de nouvelles écoles chez nous et dans le nord de Bruxelles.

En périphérie, des élus cdH se plaignent et claquent même la porte du parti. Vous comprenez?

Non, non. D'autant que ces élus s'étaient dit rassurés par la ministre Simonet. Les communales approchant, ils ont dû penser qu'un autre dossard devait mieux leur convenir... (NDLR: Les 2 élus cdH qui quittent le parti affirment ne pas avoir l'intention d'intégrer un autre parti d'ici les élections)