Anvers "victime de la politique migratoire du fédéral"

Belga Publié le - Mis à jour le

Politique belge Le président de la N-VA Bart De Wever a présenté lundi Anvers - ville dans laquelle il tire la liste de son parti aux prochaines élections communales - en victime de la politique du gouvernement fédéral en matière d'asile et de migration. Le parti nationaliste flamand a compilé ces derniers mois une série de statistiques dans un "baromètre de la migration" en Belgique.

Cette initiative n'est pas sans lien avec la mercuriale controversée du procureur général d'Anvers, Yves Liégeois, a reconnu Bart De Wever. Le haut magistrat avait établi en septembre, lors de la séance de rentrée de l'année judiciaire, un lien entre une politique migratoire jugée en échec et des menaces sur la démocratie.

La N-VA n'est pas un parti anti-étrangers ou anti-migration, aux dires de M. De Wever, qui souhaite s'inspirer du modèle canadien en la matière. Il a dressé le portrait d'une migration "passive", c'est-à-dire selon lui une migration qui n'est pas motivée par les études ou le travail, mais plutôt par le regroupement familial et la régularisation.

Enumérant de nombreux chiffres sur les demandes d'asile, le solde migratoire, le taux d'emploi des immigrés, etc, le député Theo Francken (N-VA) n'a pas manqué de faire le lien avec les personnes en situation illégale. Il a comparé la faiblesse à ses yeux des 4.500 expulsions effectuées l'an dernier avec les 28.000 ordres de quitter le territoire décernés.

Il a poursuivi en évoquant la criminalité, affirmant sur base d'informations gouvernementales que 4.665 personnes en situation illégale avaient été interpellées sur les sept premiers mois de 2011 pour des délits, essentiellement des vols.

M. Francken a pointé du doigt la secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Maggie De Block (Open Vld), qui "donne des papiers à des illégaux sans toujours savoir s'ils n'ont pas déjà été condamnés".

La N-VA met en évidence les taux de population étrangère à Anvers, relevant que 36 pc des habitants de la métropole n'étaient pas nés en Belgique et que 17,4 pc n'avaient pas la nationalité belge.

M. De Wever a catégorisé les migrants anversois entre ceux présentant un "profil élevé" (travailleurs des secteurs diamantaire et pétro-chimique) et des migrants plus "passifs", qu'Anvers attirerait davantage que la moyenne de la Flandre. "La politique migratoire du fédéral est une catastrophe et Anvers en est la victime", a-t-il dit.

Il a souligné que près de la moitié des chercheurs d'emploi anversois étaient "d'origine allochtone", et comparé la hausse de 28 pc du nombre de demandeurs d'emploi "allochtones" à Anvers entre 2006 et 2012 avec la baisse de 16 pc des demandeurs d'emploi "autochtones".

Le baromètre de la N-VA tente de démontrer les conséquences de cette politique sur d'autres domaines à Anvers, comme l'enseignement, le logement et le parcours d'intégration.

Bart De Wever a réclamé un centre fermé pour les criminels en situation irrégulière et des expulsions plus systématiques pour les dealers de drogue en situation irrégulière. Il a en revanche vanté les mérites du parcours d'intégration, qui augmente les chances de décrocher un emploi.

Le parti nationaliste présentait son baromètre de la migration alors que bruit toujours la polémique sur les transfuges en provenance du Vlaams Belang.

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