Politique belge

J’ai toujours connu notre parti avec un volet du programme autre que linguistique. Notre problème, c’est qu’il manque de visibilité. Le changement de nom est une belle occasion de mieux communiquer notre réflexion interne sur plusieurs autres thèmes." La députée régionale Martine Payfa, saluait dimanche le mode de réflexion qui a prévalu au premier congrès doctrinal de son parti, Défi (ex-FDF), depuis son changement de "marque" intervenu fin de l’an dernier. A Woluwe-Saint-Pierre, des personnalités de la société civile étaient invitées à commenter une centaine de propositions du parti. Les militants ont ainsi écouté Luc Hennart, président du tribunal de première instance de Bruxelles; Manuel Lambert, conseiller juridique à la Ligue belge des droits de l’homme; Vincent Gilles, président du syndicat SLFP Police ou encore l’avocate Aurélie Jonkers. Ces experts ont successivement pris soin d’attirer l’attention des militants et des responsables du parti sur les enjeux de la sécurité, du droit d’asile et de la politique d’immigration ou encore de l’Europe.

Objectif : affiner "l’ADN du parti indispensable pour aller vers le citoyen" , précisait Michael Vossaert, mandataire de Molenbeek-Saint-Jean. Estimant que "les barbares se renforcent lorsque la démocratie abandonne ses valeurs" , le président Olivier Maingain a particulièrement insisté sur l’importance d’une Justice renforcée en tant que pilier de la démocratie. Parmi les propositions de Défi, l’alignement du budget Justice de l’Etat belge sur la moyenne européenne. Ce dernier ne représente que 0,7 % du PIB contre 2,2 % en moyenne en Europe, dit Défi. Le parti prône également pour un refinancement des forces de police dans la capitale. Olivier Maingain a notamment souligné la faiblesse des effectifs de la réserve fédérale.

Négation des libertés fondamentales

Au passage, le président de Défi égratignait le gouvernement fédéral, accusé de déforcer la Justice au profit d’une politique sécuritaire pouvant conduire "à la négation des libertés fondamentales" . Défi ne votera donc pas "une révision de la Constitution qui prolongerait le délai de garde à vue au-delà de 24 heures sans décision d’un juge d’instruction" , a-t-il annoncé.

Les débats internes de dimanche alimenteront la réflexion amarante sur un projet global adapté aux évolutions de la société. D’autres congrès doctrinaux sont annoncés.