Politique belge

Le bureau politique du CDH a décidé, ce lundi matin, de ne pas exclure Opaline Meunier du parti. En revanche, elle ne pourra pas se revendiquer du CDH durant la campagne pour les élections communales d’octobre 2018.

La jeune femme, étoile montante chez les humanistes, avait fait le choix, mardi dernier, de rejoindre “Mons en Mieux”, la liste d’ouverture de Georges-Louis Bouchez (MR), alors que le reste de la section locale du CDH montois décidait de constituer sa propre liste d’ouverture dans la perspective des élections. Tollé au CDH où certains mandataires ont demandé plus ou moins explicitement son exclusion.

Rencontre avec Lutgen

Dans un premier temps, Opaline Meunier a été convoquée dimanche soir par son président de parti, Benoît Lutgen, pour une mise au point en présence de Savine Moucheron, la cheffe de file du CDH dans la Cité du Doudou. Il lui a été demandé de choisir entre son job au CDH (déléguée à la société civile) ou la liste “Mons en Mieux”. Elle a opté pour la seconde option. Par conséquent, “au terme de cette discussion sereine et respectueuse, et d’un commun accord, il a été conclu de mettre fin à tous les titres et fonctions qu’elle exerçait au CDH”, indiquait le parti, dimanche soir.

"On m'a laissé le choix entre mon emploi au cdH et 'Mons en Mieux'. J'ai choisi le projet 'Mons en Mieux' et j'ai perdu mon emploi", a déclaré lundi midi Opaline Meunier dans une réaction au Soir. "Pour moi, il est inacceptable qu'on me tienne par un emploi, un salaire. Je ne fais pas de la politique pour ça", ajoute l'ex-présidente de l'Unécof. "Je suis abattue mais je n'aurais pas pu faire autrement, même si c'est compliqué à encaisser. (...) J'ai pourtant été réglo, j'avais prévenu longtemps à l'avance."

Un seul sujet abordé au bureau politique

Dans un second temps, le CDH tenait, ce lundi matin, son bureau politique hebdomadaire. Un seul point a été discuté : l’exclusion ou non d’Opaline Meunier. La réunion, où l’intéressée n’avait pas été conviée, a visiblement été tendue. Mais le bureau a choisi de ne pas l’exclure.

Cependant, le bureau “a exprimé unanimement son total soutien au projet de liste d’ouverture proposé par Savine Moucheron […] et soutenu par la section locale du CDH”, a indiqué le parti à l’issue de la réunion. Et de préciser que “pour cet enjeu communal 2018 à Mons, seuls les candidates et candidats qui seront présents sur cette liste d’ouverture conduite par Savine Moucheron pourront se revendiquer du CDH”.

Bouchez appelle à penser à "l'intérêt de Mons"

Le Montois Georges-Louis Bouchez a lancé un appel lundi au nom du projet "Mons en mieux" à "toutes les personnes de bonne volonté qui composent le cdH", afin de donner à la ville "un nouvel élan citoyen pour rassembler tous ceux et toutes celles qui veulent en profondeur offrir de nouvelles perspectives", indique-t-il dans un communiqué.

"La porte reste ouverte dans le respect et l'écoute de chacun. Il faut penser à l'intérêt de Mons et non pas aux petits calculs partisans", poursuit Georges-Louis Bouchez.

Opaline Meunier peut aussi compter sur le soutien d'anciens échevins et responsables du PSC montois, pour qui "le changement est nécessaire". "L'essence de la démocratie est de permettre, voire de favoriser, l'alternance. À Mons, cette alternance passe inévitablement par un vaste regroupement", affirment en choeur les anciens échevins Jacques Hamaide, Jean-Maurice Servais, Eric Bailly et Christophe Taquin. Ceux-ci ajoutent ne pas comprendre "le refus des instances du cdH montois de participer à ce large rassemblement". Ils appellent dès lors le parti de Benoît Lutgen à renouer le dialogue avec "Mons en mieux" et réclame que son président "manifeste une autorité à la mesure de cet enjeu". "Ce débat doit en tout cas "être l'occasion de donner un signal fort", concluent-ils.

Le cdH montois ne compte actuellement que trois sièges sur 45, contre 29 pour le PS, huit pour le MR et trois pour Ecolo. Le conseil communal compte également un élu Citoyen et un autre PTB+.