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Maingain: "utiliser une autre méthode que celle de Dehaene"

BELGA

Mis en ligne le 18/05/2010

Il faudra utiliser une autre méthode que celle de Jean-Luc Dehaene (CD&V) pour mener les prochaines négociations communautaires, estime le président des FDF, Olivier Maingain.

Selon lui, il faut réunir autour d'une table les responsables politiques qui comptent, à l'instar de ce qu'a fait l'ancien Premier ministre Guy Verhofstadt (Open Vld), en veillant à réunir les majorités suffisantes tant du côté flamand que du côté francophone. M. Dehaene utilisait la technique du "confessionnal": il menait des entretiens bilatéraux et ne réunissait qu'au dernier moment les différents interlocuteurs pour essayer de trouver un accord.

"La méthode Dehaene n'a pas été la bonne. A un moment donné, il faut bien que les responsables politiques qui comptent se retrouvent autour de la table", a-t-il souligné. M. Maingain se montre sceptique sur la possibilité de conclure un accord institutionnel avant de former un gouvernement. "Il ne faut pas croire que l'on va réussir en quinze jours ce que l'on n'a pas pu faire en trois ans", a-t-il fait remarquer.

D'après lui, les négociations gouvernementales peuvent accoucher d'un cadre précis et d'un agenda soutenu, fixant un délai de six mois pour aboutir à un accord, mais la situation socio-économique n'autorise pas de se passer d'un gouvernement de plein exercice longtemps. "La vacance du pouvoir serait un très mauvais signal", a-t-il ajouté.

Le président des FDF se montre également réservé sur l'idée d'un gouvernement d'unité nationale lancée par le PS, une façon - dit-il - de mieux faire passer un Olivier. Une telle majorité ne serait d'ailleurs "nationale" qu'au sud du pays et ce gouvernement serait de transition, le temps de négocier une réforme de l'Etat.

La reprise des négociations institutionnelles impliquera aussi que chacun des participants clarifie sa vision de l'avenir de l'Etat belge, pense encore M. Maingain: si les partis flamands s'inscrivent dans une logique très autonomiste, les partis francophones doivent le savoir. Il met aussi en garde ces derniers contre la tentation de s'arc-bouter sur la sauvegarde du caractère fédéral de la sécurité sociale en étant prêt à céder aux autres revendications flamandes. Il vise en particulier le député Alain Mathot (PS).

Interrogé mardi au cours de l'émission "Matin Première", celui-ci n'a fermé la porte à une régionalisation partielle de l'impôt des sociétés si elle permettait de préserver l'unité belge et la sécurité sociale.

Le président des FDF a fait remarquer que la Wallonie serait la première victime de cette régionalisation. "C'est affligeant! La sécurité sociale ne va pas résister longtemps. Quand les disparités économiques se seront encore aggravées entre les Régions, la sécu, on ne la gardera pas très longtemps", a-t-il averti.

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