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Édito
Edito: Explosif
Francis Van de Woestyne
Mis en ligne le 25/05/2010
Les propos de Bart De Wever, samedi dans "La Libre", ont choqué plus d’un francophone : scission de la Sécu, sous-financement de Bruxelles, confédéralisme sont les ingrédients du cocktail Molotov-De Wever. Avec cela, c’est sûr, la Belgique explose.
1. On pourrait le remercier d’avoir été aussi franc. En fait, en feignant d’abattre son jeu, il cache une partie de ses cartes pour plaire à un électorat encore hésitant à voter pour un parti nationaliste. Car pour lui, le confédéralisme n’est qu’une étape. Son dessein, c’est bien le séparatisme. A terme, il veut couper, cisailler tous les liens entre la Wallonie et la Flandre. Et Bruxelles? Cogéré ! Curieuse, cette notion de confédéralisme qui nie, dès le départ, à une des entités le droit d’exercer sa propre souveraineté. Mais soit.
2. La radicalisation flamande est un fait. Même le VLD, d’ordinaire mesuré, s’est laissé entraîner dans la surenchère qui crédibilise le discours de la N-VA. Les francophones ne peuvent plus ignorer l’évolution de la pensée flamande, soumise depuis des années à une pensée unique qui a fait le lit des discours radicaux. Toute la Flandre ne veut pas la séparation. Mais une très grande majorité de Flamands veut plus d’autonomie : on leur a dit qu’ils seront plus heureux, plus riches. Car, air connu, ils financent des transferts coûteux au profit de Wallons apathiques.
3. On peut regretter cette évolution. On ne peut la nier. Il faut donc l’accompagner et faire en sorte que la nouvelle structure soit équilibrée, qu’elle respecte ses composantes et maintienne, aussi, un Etat fédéral fort. Comme dans tous les pays fédéraux. Nier cet équilibre conduirait le pays à sa perte. C’est précisément ce que cherche la N-VA.
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