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Édito

Ambiguïté

Mis en ligne le 07/06/2010

Francis Van de Woestyne

On a beau se dire qu’il ne s’agit que d’un sondage, d’une photographie de l’opinion publique

On a beau se dire qu’en Flandre, les gens sont régulièrement séduits par des originaux : il y a eu Van Rossem, maintenant De Wever

On a beau se dire que les Flamands veulent simplement envoyer un signal et faire comprendre qu’ils souhaitent plus d’autonomie, plus de compétences

On a beau se dire que les électeurs ont raison et que le peuple est souverain

On a beau se dire tout cela : les intentions de vote exprimées par les personnes sondées en Flandre - 26 % voteraient pour la N-VA ! - donnent froid dans le dos.

Pourquoi ? Parce qu’il y a une ambiguïté majeure dans le discours de la N-VA. Parce que le projet de Bart De Wever n’est, en réalité, pas celui qu’il prétend défendre. Parce que son confédéralisme n’est qu’une étape vers la création d’un Etat flamand indépendant. Parce que son projet suppose la fin de la Belgique. Parce qu’il exalte, inlassablement, le même sentiment de rejet en affirmant que tous les problèmes de la Flandre viennent soit d’un Etat encore trop fédéral soit des francophones, bruxellois et wallons, qui vivent à la traîne et freinent l’essor de la Flandre.

Non, les francophones ne craignent pas et ne refusent pas de prendre des responsabilités supplémentaires. Mais ils estiment toujours préférable, pour les populations, de le faire dans le cadre d’un Etat appelé Belgique qu’il serait stupide de rayer de la carte. Et ils souhaitent maintenir une solidarité dont les Flamands auront peut-être besoin, demain, pour le payement de leur pension.

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