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Préformateur
"Ils refusent d’entendre "
M. Co.
Mis en ligne le 04/09/2010
Accompagné de son traditionnel petit café serré, Elio Di Rupo est apparu, peu après 19 h hier soir, dans la salle internationale du Parlement pour sa communication post-préformation. Devant lui, un essaim de caméras et de photographes, et plusieurs dizaines de journalistes, parfois venus de l’étranger. Sur un ton forcément grave, il a choisi, contrairement à ses précédentes conférences de presse, de commencer son élocution en français, insistant d’abord sur sa volonté d’être "réellement" déchargé de sa mission de préformation après la période de consultation du souverain.
"C’est avec tristesse que j’ai constaté que deux partis (entendez bien sûr CD&V et N-VA, NdlR) n’ont pu accepter la dernière proposition que j’ai mise sur la table aujourd’hui, a-t-il dit. Je reste convaincu qu’une solution est possible." Et que la population, qu’elle soit néerlandophone ou francophone, a la volonté d’obtenir un accord équilibré, ajoutait-il.
Elio Di Rupo n’a eu de cesse d’insister sur l’ampleur du travail accompli lors de ces sept semaines de préformation. "Toutes les conditions étaient réunies pour que le centre de gravité se déplace effectivement de l’Etat fédéral vers les entités fédérées", a-t-il lancé, indiquant avoir fait des propositions visant à la responsabilisation des entités fédérées, si chère à la N-VA. Le groupe de travail destiné à plancher sur la révision de la loi de financement pouvait même commencer à travailler dès lundi sur base d’un calendrier précis, annonçait encore Elio Di Rupo.
"Malheureusement, les discussions sur BHV et Bruxelles ont abouti à un blocage, concédait-il. Il est clair que Bruxelles, BHV, les matières transférables, la loi de financement forment un tout. Et c’est l’ensemble qui doit être jugé équilibré par tous les partenaires. J’ai proposé que ce ne soit pas un chèque en blanc, mais que des moyens soient affectés pour Bruxelles, notamment pour les navetteurs wallons et flamands " Tout ceci n’a pas pu faire évoluer la position de "certains partis néerlandophones", a-t-il ajouté. "Une grande majorité des partis autour de la table ont démontré qu’ils souhaitaient un accord. Nous avons laissé passer une chance de faire évoluer positivement le visage de la Belgique."
Son petit discours s’est ensuite transformé en mise en garde. Elio Di Rupo a admis que pendant trop longtemps, les francophones étaient restés sourds aux revendications autonomistes flamandes, mais qu’aujourd’hui, un changement de perception était intervenu. "Je constate que certains partis flamands commettent à leur tour le même type d’erreur, ajoutait-il. C’est-à-dire qu’ils refusent d’entendre ce que disent les francophones. Pour être clair, quel responsable francophone pourrait accepter un accord qui provoquerait un appauvrissement des Wallons ou des Bruxellois ? Ce n’est pas notre mission de trouver un ccord à n’importe quel prix ou d’accéder coûte que coûte à une fonction prestigieuse. Les partis francophones autour de la table sont constructifs, mais pas à n’importe quel prix !"
Elio Di Rupo insistait aussi sur le fait qu’il faudra désormais partir sur de nouvelles bases, selon lui. En clair, que le refus de la N-VA signifie que tout ce qui a été mis sur la table n’a aujourd’hui plus de valeur. Celui qui est toujours formellement préformateur a conclu en disant qu’il retrouverait sa casquette de président de parti une fois que le Roi l’aura déchargé de son inconfortable costume. Le PS reste ouvert à toute initiative visant à sortir le pays de la crise, ajoute-t-il. "La tournure des événements nous pousse à envisager toutes les situations."
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