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A.Demelenne: "Nous avons perdu confiance"
Caroline Grimberghs
Mis en ligne le 29/01/2012
Autour de la table, Anne Demelenne (FGTB) et Claude Rolin (CSC) faisaient face à Laurette Onkelinx (PS) , Joëlle Milquet (CDH) et un Olivier Chastel (MR) particulièrement remonté dont les chuchotements dans son micro non-éteint exprimaient un agacement bien avancé. Rudy Thomaes, à sa droite, a défendu le point de vue des patrons, précisant que "Si l’on ressent un ras-le-bol du côté des employés, je vous le dit, c’est également le cas du côté patronal".
Il ne faudra pas attendre longtemps avant que le débat n’entre dans le vif du sujet avec la première interpellation d’Olivier Maroy à Anne Demelenne : "Paralyser le pays, c’est une lourde responsabilité …" lui lance-t-il tout de go. "A partir du moment où on nous met devant le fait accompli, effectivement, la grève est inévitable " justifie la secrétaire générale de la FGTB. Un avis qui n’est pas partagé par Rudy Thomas, administrateur général de la FEB qui estime cette grève inutile et irresponsable. "Il y a eu concertation" affirme-t-il. "Et d’ailleurs, plusieurs mesures ont été adaptées !". Combien coûtera cette journée de grève ? Entre 600 et 800 millions estime la FEB: "En terme d’image pour le pays, c’est une catastrophe !". "Qu’est-ce qui est irresponsable ? Se retrouver sans gouvernement pendant 18 mois et puis prendre des mesures précipitées !" lui répond Claude Rolin (CSC), qui exprime colère et injustice.
"La population et le gouvernement ne sont pas responsables. C’est la spéculation qui est en cause" justifie Laurette Onkelinx, ministre socialiste mais également fille de syndicaliste. " Ne rien faire serait totalement irresponsable ! Ce serait empêcher le bien-être pour les générations futures. On a essayé de faire au plus juste … ". Un avis partagé par Olivier Chastel, ministre du budget qui enchaîne : "Ne rien faire, c’est la plus mauvaise des solutions. Cette grève est une réaction inappropriée".
‘une grève inappropriée’, c’est en effet le sentiment partagé par les politiques présents sur le plateau qui regrettent qu’en appelant à la grève nationale en front commun pour la première fois depuis 1993, les syndicats mettent à mal le processus de concertation engagé. "Moi, je ne négocie pas sur les plateaux de télévision" leur lance Joëlle Milquet. "Il y a un amalgame entre une austérité aveugle que nous n’avons pas faite, et des mesures de rigueur obligatoires. On en appelle maintenant à votre sens des responsabilités … "Un appel difficilement entendu par les syndicalistes très remontés : "Que le gouvernement revoit sa copie !" balance Claude Rolin. "Vous nous demander de choisir entre la guillotine et la chaise électrique …"
"Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt " … Poétique Jacky Morael (Ecolo) remet du calme et de la sérénité dans un débat acharné entre les politiques et les syndicats présents sur le plateau. A coup de proverbe chinois, l’écologiste avoue se positionner aux côtés des syndicats.
La question de l’index reste un autre sujet extrêmement sensible et même si Laurette Onkelinx, soutenue sur ce sujet par Joëlle Milquet et Jacky Morael, assure qu’avec le PS dans le gouvernement, on ne touchera pas à l’index, Anne Demelenne le reconnaît : "Nous avons perdu confiance "
Et les invectives agressives entre les invités de Mise au Point semblent en effet témoigner de cette perte de confiance. Quand Olivier Chastel déclare : " c’est déjà la guerre ! Avec la bombe atomique de la grève de lundi !", Anne Demelenne répond : "vous effrayez les gens !" et Rudy Thomaes pour la FEB en rajoute une couche : " vous êtes en train de décrédibiliser la concertation sociale !"
Conclusion : un débat animé par l’incompréhension qui semble guider, aujourd’hui, les discussions que la crise économique oblige le pays à aborder sous l’angle de la rigueur.
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