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De Wever seul contre tous ?
Christian Laporte
Mis en ligne le 07/02/2012
Qu’on le veuille ou non, les élections communales du 14 octobre seront surtout "le" scrutin "pour ou contre la N-VA" en Belgique du Nord. Partout en Flandre, l’on ne manquera pas de comparer les scores des nationalistes à ceux des partis flamands engagés sur le paquebot gouvernemental dirupien mais ce sera encore plus vrai à Anvers où Bart De Wever - qui ne s’est cependant pas encore déclaré mais il y a peu de chances qu’il ne le fasse pas - rêve de bouter les partis traditionnels hors du "Schoon Verdiep", entendez le premier étage de l’hôtel de ville de la cité de Brabo. Pour ce faire, il a déjà fait son marché en ouvrant ses bras généreux à des déçus du CD&V mais aussi à l’ex-échevin libéral Ludo Van Campenhout qui pourrait pousser la liste de la N-VA s’il parvient à se débarrasser d’une addiction à l’alcool. Il se dit d’ailleurs que Bart De Wever y veille personnellement.
Depuis que l’on sait que le SP.A du bourgmestre Patrick Janssens et le CD&V de Marc Van Peel ont décidé d’unir leur destinée, seule voie possible à leurs yeux pour ne pas se faire ratatiner par le rouleau compresseur N-VA, tous les regards se tournent vers l’Open VLD qui, n’ayant plus de star électorale sur place, a fait appel à la ministre de la Justice Annemie Turtelboom pour se refaire une santé dans la première ville de Flandre.
Voilà qu’un échevin SP.A, l’Anversois Guy Lauwers, a exprimé voici quelques jours tout haut ce que beaucoup de ses compagnons de route pensent tout bas : si l’on veut vraiment être sûr d’écarter De Wever de la magistrature suprême à Anvers, il faudra une alliance des trois partis traditionnels. Avec donc l’Open VLD et Annemie Turtelboom qui devrait occuper la deuxième place de cette méga-liste. Reste que pour Patrick Janssens, c’est encore "prématuré" et pour Marc Van Peel, c’est "hypothétique mais logique".
Mais voilà, pour l’heure, cela tient du vœu pieux, du "wishful thinking" comme le disent les cadres dynamiques. Car Annemie Turtelboom se tâte encore face à ce qui s’apparente à un terrible coup de poker pour sa carrière. En cas de super-victoire de De Wever, elle aura tout perdu à commencer par son âme politique puisqu’elle sera mise dans le même sac que ses alliés. Par contre, si l’Open VLD limite les dégâts en jouant cavalier seul, elle sauverait sa peau.
A la limite, elle ne doit pas être loin de penser qu’une accession au maïorat de Bart De Wever serait une bonne chose car le Mr Propre de la politique flamande devrait alors choisir entre son écharpe maïorale et la présidence de son parti. Or, la N-VA, bien que comptant quelques politiques aguerris dans son groupe stratégique, repose surtout sur son médiatique président même si de l’avis de nombre de nos confrères flamands, il n’a pas vraiment d’arguments de fond à opposer en dehors de son mâle discours flamingant. Ce qui expliquerait aussi qu’il s’est fait très rare dans les médias à l’exception d’une prestation à la mi-décembre sur RTL-TVi. Quoi qu’il arrive dans les états-majors des partis nordistes, Anvers sera dans tous les cas dans le collimateur des médias en octobre : si l’on peut raisonnablement penser que le Vlaams Belang n’aura plus qu’un électorat dûment patenté raciste, avec ou sans bikini-burqa, il sera par contre intéressant de voir le résultat d’un revenant, en l’occurrence Jean-Pierre Van Rossem, ex-gourou financier qui a annoncé qu’il irait bien se battre aussi contre De Wever. Selon l’ex-homme d’affaires, celui-ci se trompe sur toute la ligne : que ce soit maintenant ou plus tard dans deux ans, si le gouvernement Papillon tient le coup, les vrais enjeux politiques sont économiques, plus communautaires
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