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La croissance sera de 0,1 % en 2012
L. G.
Mis en ligne le 10/02/2012
Semaine chargée pour les principaux ministres du gouvernement fédéral, qui enchaînent les kerns à la queue leu leu. Objectif, se mettre d’accord sur les propositions qui seront faites aux partenaires sociaux, en matière d’ajustements à la réforme des pensions, du crédit-temps et du chômage. Le dernier de ces comités ministériels restreints a débuté jeudi vers 16 heures, au terme de la séance de questions parlementaires à la Chambre. Il devait notamment permettre aux différents partis de la majorité d’harmoniser leurs estimations de l’impact budgétaire de la réforme décidée, ainsi que des changements qui y seront apportés. Il s’est terminé vers 18h15, sans accord.
Un nouveau kern a d’ores et déjà été programmé pour ce vendredi matin, avant le Conseil des ministres. Les six partis y tenteront de s’accorder sur une proposition acceptable pour l’ensemble des partenaires sociaux. Proposition qu’ils soumettront ensuite (ce vendredi ou la semaine prochaine) au Groupe des Dix, où siègent les représentants des employeurs et des syndicats. Pour rappel ("LLB" du 7/2), ces ajustements ne toucheront pas au cœur des réformes mais concerneront des modifications demandées par les partenaires sociaux en matière de pension anticipée, d’assimilation dans le calcul de la pension, de dérogations à la limitation des allocations d’attente dans le temps, de prépension et de crédit-temps de fin de carrière.
Ces derniers jours, d’autres demandes d’assouplissement ont été faites. Joëlle Milquet (CDH), a ainsi plaidé pour une diminution de l’âge de la pension des pompiers. Elle a aussi rappelé, comme les gouvernements des Communautés, les exigences des enseignants en matière de fins de carrière. Des contacts entre les entités fédérées et le cabinet du ministre des Pensions Van Quickenborne (Open VLD) ont encore eu lieu jeudi sur cette question.
Vincent Van Quickenborne ne veut cependant pas laisser trop d’espoirs. Interrogé jeudi à la Chambre, il a affirmé que "ceux qui pensent que l’on peut encore apporter des exceptions à ce qui a été décidé se trompent" . "J’ai reçu beaucoup de demandes. J’ai même reçu toute une liste du gouvernement flamand, mais je ne pense pas pouvoir y répondre favorablement. Nous devons tous travailler plus longtemps" , a conclu le ministre des Pensions, ajoutant que les dispositions transitoires demandées par les entités fédérées, surtout en faveur des enseignants, auront un lourd impact budgétaire ( "mais pas en 2012" ).
Cet impact serait plus élevé que prévu, à un point tel que le bénéfice de la réforme des pensions pour les finances de l’Etat pourrait se révéler in fine modeste. Elle devait permettre d’économiser 420 millions sur le budget pension de la fonction publique et 80 millions dans les pensions du secteur privé. Or, selon Belga, les derniers calculs tenant compte des aménagements consentis montrent qu’on arriverait à peine à 10 % de l’économie attendue dans la fonction publique et à seulement une vingtaine de millions dans le secteur privé. Au lieu du demi-milliard attendu, il n’y aurait donc plus qu’une soixantaine de millions. La difficulté de la situation est telle qu’on n’excluait pas, hier soir, de devoir reporter les arbitrages à l’ajustement budgétaire. Celui-ci débutera le 26 février, soit à peine plus de trois semaines après le vote du budget. Atterrissage prévu au plus tôt le 4 mars.
De nouvelles économies seront en effet à trouver, vu la croissance moindre que prévu au moment de l’accord budgétaire. C’est ce vendredi que le Bureau de plan doit communiquer officiellement ses prévisions, mais il se disait hier à diverses sources que la prévision de croissance passerait de 0,8 % à 0,1 %. Sachant que 0,1 % de croissance en moins représente 220 millions d’euros d’efforts supplémentaires (170 pour le Fédéral et 50 pour les entités fédérées), c’est plus d’1,5 milliard qu’il faudrait dégoter lors de l’ajustement. Des chiffres à prendre avec des pincettes, car tous les paramètres ne sont pas encore connus (recettes fiscales, charges d’intérêts, ) mais qui augurent de solides prises de tête au sein de la majorité. D’autant que, Elio Di Rupo l’a confirmé jeudi à la Chambre, il n’est pas question de laisser filer le déficit budgétaire au-delà des 2,8 % du PIB.
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