Abonnez-vous a La Libre Belgique

Jacky Morael : "L'électeur perdrait son droit d'injonction"

Entretien : J-P. Du.

Mis en ligne le 19/02/2012

"On peut s’interroger sur un certain nombre de pratiques secrètes. Dès lors, l’électeur perd son droit d’injonction sur la future politique qui sera menée. Idem avec les intercommunales." Entretien avec Jacky Marael, Sénateur Ecolo.

A partir du moment où elles sont connues de l’opinion, ces alliances préélectorales sont-elles saines ?

Si elles sont publiques, elles n’ont rien de malsain. L’électeur peut alors voter en toute connaissance de cause pour ou contre cette alliance. Là où cela pose évidemment problème, c’est quand ces alliances sont dissimulées. C’est le plus souvent le cas. Moi je le vis à Liège, où des éléments nous indiquent qu’il y aurait déjà une alliance conclue entre les socialistes et les libéraux. Mais rien n’est confirmé, rien n’est officiel. On sent lors des travaux de commission et lors des conseils communaux une connivence de plus en plus grande entre PS et MR, et une mise à l’écart du CDH aujourd’hui présent dans la coalition sortante. Cela se double d’informations selon lesquelles il y aurait aussi une reconduction de l’alliance au niveau provincial.

Pourquoi tant d’alliances restent-elles secrètes ?

Le but est évident, c’est de s’assurer une présence au pouvoir et le fait de la cacher, c’est la crainte de perdre une partie de son électorat. Je reviens sur le cas de Liège. Les socialistes n’ont aucun intérêt à avouer qu’ils sont déjà en cheville avec les libéraux parce que cela mécontenterait évidemment une partie de leur électorat. Idem pour les Libéraux.

Avec cette problématique, les élections communales sont-elles malgré tout démocratiques ou sont-elles entachées de vices importants ? La population a-t-elle bien intégré les nouvelles règles en matière de gouvernance locale, comme la nouvelle manière d’élire le bourgmestre ?

Non, je ne crois pas du tout. Ces règles sont très complexes et pour le dire franchement parfois cela frise l’absurde. Je n’ai jamais considéré que le score en voix de préférence établissait la meilleure qualité pour une personne de devenir bourgmestre. C’est bien sûr un indicateur mais cela ne doit pas être le seul. Il y a des gens qui sont plébiscités et qui sont des incapables avérés. Et des gens qui font moins de voix mais qui sont pourtant porteurs de projets pour leur commune.

On peut pourtant penser que le fait pour le citoyen de pouvoir élire plus directement son bourgmestre est un progrès démocratique qui, justement, évite les effets pervers des alliances préélectorales secrètes.

A condition que le citoyen ait bien intégré les règles. Il n’a pas toujours conscience de la portée de son vote en matière de désignation du bourgmestre. Il reste beaucoup de travail à faire d’ailleurs, notamment dans les délégations de pouvoirs pour les intercommunales, par exemple. Les gens élisent des conseillers communaux dans une certaine transparence, et puis se forme un collège avec un bourgmestre. Ensuite, le citoyen n’a plus guère de prise sur ceux qui vont être désignés dans les conseils d’administration qui gèrent pourtant des matières très importantes comme l’énergie.

Sur le même sujet:

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page