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Tensions MR-FDF à Crainhem
Mathieu Colleyn
Mis en ligne le 23/02/2012
Les griefs libéraux à l’égard des FDF sont nombreux. Ils revendiquent la tête de liste presque auto-attribuée par les amarantes.
Bien sûr, tous les francophones de la périphérie tentent-ils de préserver des listes d’union en vue des prochaines élections communales d’octobre. Diviser les votes francophones, c’est les affaiblir. Mais cette volonté commune n’empêche en rien les tensions issues du divorce entre libéraux et FDF – deux partis forts dans le Rand – de se manifester. Ainsi, à Crainhem, les libéraux sont comme piqués au vif. Ils s’interrogent. Gentiment et pas trop ouvertement pour l’instant. Dans le souci de ne pas mettre le feu à la maisonnée francophone. Car dans la presse, le FDF claironne un peu facilement que la liste qui sera présentée aux électeurs sera celle du bourgmestre, et qu’elle sera tirée “naturellement” par Véronique Caprasse, successeur toujours aussi naturel du non-nommé Arnold d’Oreye de Lantremange, qui a passé la main pour raison privée. C’est, déplore-t-on encore, l’unique signal envoyé par le FDF à ce stade.
En procédant de cette manière “cavalière”, et en ayant quitté le navire MR, le FDF a “sabordé” la liste d’union de 2006, plaide-t-on chez les libéraux qui soulignent “l’outrecuidance” des FDF. La situation n’est plus la même qu’en 2006 et chaque parti peut légitimement présenter un candidat tête de liste estiment-ils. Ces partis sont au nombre de trois : le FDF, le MR et le CDH, PS et Ecolo ne pesant plus grand-chose à Crainhem. C’est d’autant plus vrai pour le MR que les sondages lui sont plutôt favorables en périphérie. De fait, le dernier baromètre “La Libre Belgique”/RTBF les pointe comme premier parti dans les six communes à facilités. Loin devant les FDF. Le genre de résultats qui aiguisent les ambitions.
En outre, et pour rester du côté libéral, de lourds soupçons pèsent sur l’agenda du FDF. Arnold d’Oreye de Lantremange est l’un des trois bourgmestres non-nommés par le gouvernement flamand. Ayant fait un pas de côté, il a laissé son poste à la première échevine Véronique Caprasse (FDF) qui, après un entretien houleux avec Geert Bourgeois (N-VA), ministre flamand des Affaires intérieures, n’a pas été nommée non plus. L’attitude de l’élue FDF à cette occasion est aujourd’hui pointée du doigt par les libéraux qui en ont marre “qu’on parle de Crainhem dans la presse nationale et internationale” pour cette histoire de nomination.
Alors que le FDF a déjà fait savoir qu’il mènerait campagne notamment sur son opposition à l’accord institutionnel conclu par le MR, “beaucoup, à Crainhem, se demandent si la politique du FDF qui se retrouve avec tous les partis “ultras” flamands dans l’opposition aux accords gouvernementaux, n’est pas dictée par le besoin du FDF d’avoir des martyrs à présenter au peuple pour entretenir la rivalité communautaire dont il se nourrit”, glisse un libéral du cru. En clair, le FDF a besoin de bourgmestres en périphérie pour tester la réforme de l’Etat qu’il condamne farouchement. Véronique Caprasse s’en trouve d’autant plus contestée en tant que tête de liste. “On dirait que le FDF cherche à transmettre le mayorat de manière quasi héréditaire, ce n’est pas très démocratique”, analyse un libéral. Le torchon ne brûle pas encore tout à fait mais les ingrédients d’un déchirement francophone sont bien là.
D’autant que le CDH n’est pas en reste en termes de revendications sur cette liste. Le parti a dû renoncer à la montée d’un échevin au collège depuis 2006. Car le bourgmestre non-nommé, Arnold d’Oreye de Lantremange, a dû conserver son statut d’échevin pendant toute la législature, bloquant l’élu humaniste.
Aujourd’hui, les négociations entre les trois partis sont officiellement “en cours”. Mais au MR, on plaide pour une sorte de paix des braves avec une représentation équivalente pour les trois protagonistes sur la future liste. Et une disposition qui permettrait à chacun d’obtenir deux échevins. La question de la tête de liste reste à trancher mais “il faut que le FDF comprenne que chacun peut légitimement présenter un candidat” à cette place d’honneur, confirme Dominique Houtart, président de la section MR de Kraainem. Pas de doute, le divorce risque aussi de coûter un mayorat en périphérie au parti d’Olivier Maingain.
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