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Politique | Préformation

Encore deux semaines de préformation

M. Co.

Mis en ligne le 30/07/2010

Di Rupo fera aujourd’hui son deuxième rapport intermédiaire chez le Roi. Les négociateurs sont à la limite du blocage sur l’institutionnel.

On ne prendra pas beaucoup de risques, mais disons-le quand même. La route qui conduira Elio Di Rupo à un gouvernement sera encore longue. A vrai dire, il est même encore trop tôt pour affirmer qu’elle mènera effectivement quelque part. On connait la chanson, toujours très peu d’information sur le contenu des discussions en cours ce jeudi, alors que le préformateur annonçait un rapport au Roi pour ce vendredi. Ce rapport sera-t-il définitif ou intermédiaire ? Intermédiaire sans aucun doute. La mission de préformation qui touche à la fin de sa troisième semaine devrait être prolongée pour quinze jours environ. Seront-ils suffisants pour qu’Elio Di Rupo et Bart De Wever trouvent les convergences tant attendues ? Suffisamment en tout cas pour jeter les bases d’une véritable formation ? Questions sans réponse. Du temps, encore du temps, donc. Aujourd’hui, le préformateur pourrait, selon son porte-parole, s’exprimer devant la presse. Celle-ci est littéralement affamée d’information.

En attendant, il se confirmait une nouvelle fois jeudi que PS, N-VA, CD&V, CDH, SP.A, Ecolo et Groen ! peinent à s’entendre sur les dossiers institutionnels. Sur la question du refinancement de Bruxelles notamment, apprenait-on à bonne source. Il nous revient que si l’aile flamande des partenaires est ouverte à la question, elle n’est absolument pas d’accord sur le montant de ce refinancement structurel réclamé avec vigueur par les francophones. Rappel, pour eux, celui-ci doit se monter à 500 millions d’euros annuels. Les francophones s’asseyent visiblement sur ce chiffre alors que les Flamands avancent un montant bien inférieur. Si maigre soit-il, cet élément tend en tout cas à démontrer que les partenaires pressentis sont bel et bien en train de négocier et non plus seulement de discuter ou encore d’exposer et écouter les points de vue des uns et des autres. Les difficultés portent sur un cadre "beaucoup plus large" que le refinancement de la capitale, précise une source francophone avant de renvoyer les observateurs vers le programme de la N-VA afin de les aider à "comprendre la situation".

Le ton est donné et renvoie aux considérations déjà largement étalées au lendemain du 13 juin. Vouloir marier la N-VA au PS, un parti flamand de droite, séparatiste, fossoyeur affiché d’une sécurité sociale fédérale à un parti francophone de gauche, fédéraliste, attaché à une solidarité nationale, c’est vouloir marier l’eau et le feu. Ajouter à ce cocktail contre-nature les desiderata des autres formations qui discutent actuellement (CD&V, SP.A, CDH, Ecolo et Groen !) et voilà la "complexité" de l’opération qui rejaillit, calmant le vent d’optimisme qui a tourné quelques heures cette semaine sur la préformation. Singulièrement côté francophone d’ailleurs. Car mercredi déjà, côté flamand, on lançait que sur l’institutionnel, le maximum francophone n’atteignait pas le minimum flamand.

Pour dénouer ce nœud, la prochaine semaine de préformation sera marquée par des contacts bilatéraux alors que certains protagonistes seront en vacances, tout comme nombre de collaborateurs de partis. La suivante par des réunions telles qu’on en a connues cette semaine. Si ce deadline de deux semaines est confirmé, il faudra remarquer que pour la première fois, Elio Di Rupo place son travail de préformation dans un calendrier. Selon un négociateur, rien à voir pour autant avec un ultimatum de la N-VA, rumeur qui a circulé hier. "De la pure intoxication", estimait-il.

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