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Politique

We zijn in de pataten (on est mal embarqué)

M.Bu. et V.R.

Mis en ligne le 31/08/2010

Qui veut le noeud pap’ du préformateur ? Les perspectives d’Elio Di Rupo, deux jours après avoir présenté sa démission et se l’être vu refusée par le Souverain, semblent particulièrement sombres. Ce mardi, le président du PS devrait procéder à une série de consultations bilatérales dans le cadre de sa mission de préformation. Lundi soir, aucune confirmation officielle d’un quelconque agenda n’a toutefois été donnée dans l’entourage d’Elio Di Rupo.

La journée de lundi n’aura d’ailleurs fait que confirmer l’état de l’impasse communautaire dans laquelle la Belgique se trouve. Ainsi Elio Di Rupo, lors d’une déclaration lue devant la presse, a-t-il confirmé que le CD&V et la N-VA s’étaient montré incapables de rallier sa proposition communautaire (“La Libre” du 30/08). “J’espère que la raison finira par l’emporter”, a-t-il martelé avec son inimitable accent néerlandais. Plus tard, sur les plateaux télévisés, c’était au tour du président de la N-VA de livrer sa version de la faillite du processus de préformation. “Pas de chèque en blanc pour Bruxelles, nous voulons des garanties, a-t-il indiqué. Mais nous voulons aussi atteindre un compromis”. Avant de ressortir la proposition faite le weekend dernier: “Négocions, PS et N-VA, un package communautaire à prendre ou à laisser que nous présenterons ensuite aux autres partis”.

Question: pourquoi les nationalistes flamands remettent-ils cette proposition de méthode de travail sur la table alors qu’elle a déjà été recalée par Di Rupo ? Simple, explique-t-on à la N-VA, “parce que nous n’avons aucune confiance en Joëlle Milquet et dans la capacité du CDH à avancer sur le dossier de la loi de financement ainsi que sur Bruxelles-Hal-Vilvorde”...

Mais “ni la N-VA avec ses 27 sièges, ni le PS avec ses 26 sièges à la Chambre, seuls ou ensemble, ne peuvent imposer unilatéralement leurs points de vue aux autres partis”, avait déjà averti Di Rupo dans la matinée. Et le président du PS n’a pas l’intention de bouger d’un iota de cette position. D’autant que ses deux autres partenaires francophones, Ecolo et le CDH, n’ont pas l’intention de rester des spectateurs pour ensuite “gober” une réforme dessinée par le PS et la N-VA. Bref, l’impasse...

Côté flamand, c’est la pétaudière. Lundi soir, à la VRT, Bart De Wever s’en est pris à la présidente du SP.A qui, selon lui, “a perdu une occasion de se taire et a rompu le front flamand” en acceptant la proposition de Di Rupo. Bart De Wever a appelé Di Rupo à consulter “d’autres partis” – en clair: les libéraux. Quant au CD&V, il est scotché à la N-VA. Et dit attendre “les nouvelles propositions de Di Rupo”. C’est qu’il va falloir rassurer la Flandre sur la révision de la loi de financement... Peut-être fixer un calendrier plus resserré. Mais il est impensable de pouvoir boucler une révision de la loi de financement avant la rédaction du budget de l’Etat en 2011. Le délai est trop court.

What else? A la demande du Roi, le préformateur a donc rencontré les interlocuteurs sociaux. Ces derniers ne pouvaient pas décliner l’invitation. Ils se sont donc rendu vers 16h30 au 10, rue de la Loi, siège du Parlement, où les attendait Elio Di Rupo. Ils ont surtout écouté le préformateur faire l’inventaire des difficultés. Ils ont aussi rappelé l’urgence qu’il y a à prendre des mesures socio-économiques. A la fin de la réunion, le groupe des 10 – c’est-à-dire le noyau dur de la concertation sociale – a envoyé un communiqué commun pour “solution” permettant au pays de sortir de “l’impasse” institutionnelle.

Mais cette rencontre avec les interlocuteurs sociaux valait sans doute moins pour ce qui s’y est dit que pour ce qu’elle symbolise. Avec une cible: les socio-chrétiens flamands. “Nous représentons des organismes fédéraux, analyse un membre du groupe des 10. C’est bien joué. En montrant notre préoccupation pour la situation socio-économique, peut-être que cela ébranlera le CD&V, qui osera enfin se déscotcher de la N-VA .” D’autant que certains interlocuteurs sociaux ont gardé des liens privilégiés avec des partis aujourd’hui autour de la table. “C’est le cas de la CSC – le syndicat chrétien –qui est encore écoutée au CD&V, professe un autre interlocuteur. Ou de l’Unizo – les classes moyennes flamandes – dont est quand même issu Kris Peeters, l’actuel homme fort du CD&V .”

© La Libre Belgique 2010

Savoir Plus

“Nous avons cette chance d’avoir autour de la table des partis qui représentent une large majorité des deux tiers. Un futur accord offrirait automatiquement la garantie de pouvoir, ensemble, redessiner positivement la Belgique. Je suis convaincu que la réforme qui est envisagée peut être bénéfique pour toute la population : les Wallons, les Bruxellois, les germanophones et les Flamands. Nous avons la possibilité de construire la Belgique du XXIe siècle.”

Elio Di Rupo

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