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Même le PS n’y croit plus
M. Co, M. Bu et V.d.W
Mis en ligne le 03/09/2010
Sans doute le clan francophone n’a-t-il jamais été aussi pessimiste quand à l’issue de la préformation emmenée par Elio Di Rupo. Celle-ci devrait se concrétiser par une nouvelle visite chez Albert II aujourd’hui, après une ultime réunion des sept partis engagés dans les négociations institutionnelles. Hier, le premier socialiste s’est entretenu pendant deux bonnes heures avec Bart De Wever au cabinet du ministre Jean-Claude Marcourt. Dans la discrétion habituelle. Il se confirmait en soirée qu’il s’agissait là de la réunion de la dernière chance entre les deux hommes. Di Rupo faisant une dernière proposition afin de remettre tout le monde autour de la table, à savoir PS, N-VA, CD&V, CDH, SP.A, Ecolo et Groen ! Rappel, le leader de la N-VA, suivi par le CD&V, a clairement indiqué à l’issue du blocage du weekend dernier qu’il convenait désormais de se plier à une nouvelle méthode. Celle-ci consistant à confier au duo PS-N-VA le soin d’élaborer un accord à présenter aux autres partis. Manifestement, ce n’est toujours pas la volonté d’Elio Di Rupo.
Avec Bart De Wever, ce dernier s’est principalement entretenu du refinancement de Bruxelles, de BHV et de la Loi de financement. Objectif : satisfaire N-VA et CD&V qui ont exigé ce weekend plus de garanties quant à la responsabilisation financière des entités fédérées. Dans l’entourage du préformateur, on indiquait hier soir qu’une proposition écrite serait transmise dans des délais assez brefs. "Le préformateur travaille actuellement à une proposition équilibrée, répétait-on. Après, chaque parti prendra ses responsabilités." A l’heure de boucler ces lignes, aucun document écrit n’avait été distribué. Et dans les rangs de la N-VA, on faisait déjà peu de cas de la dernière offre d’Elio Di Rupo. Insuffisante, jugeait-on. Tout juste destinée à faire porter le chapeau de l’échec à la N-VA, à lui refiler le zwarte piet, en somme. Selon nos infos, le président du parti socialiste à notamment proposé de réduire à 250 millions d’euros annuels le refinancement de Bruxelles. Un montant auquel s’ajouteraient 50 millions d’euros supplémentaires liés à la Loi de financement et destinés à des politiques déterminées à mener dans la capitale.
Dès hier soir, le groupe stratego des nationalistes flamands (très radical sur le plan communautaire) était réuni pour décidé de l’attitude à adopter. Certains affirmaient qu’il n’était même pas certain que Bart De Wever se rende à la réunion des sept. C’est dire. On ajoute que N-VA et CD&V sont toujours sur la même longueur d’onde.
C’est qu’hier, le Parti socialiste a passé la journée à tordre le cou à un canard sorti des plumes du Standaard. Le quotidien flamand affirmait qu’Elio Di Rupo était entré en contact avec Kris Peeters dans le dos du président du CD&V Wouter Beke pour tenter d’infléchir la position de leur parti. Au contraire, dit-on au PS, c’est Kris Peeters lui-même qui aurait manifesté sa disponibilité par l’intermédiaire de son homologue wallon Rudy Demotte (PS), affirme les socialistes. Qui ajoutent qu’Elio Di Rupo en a informé directement Wouter Beke et que ce dernier ne s’est pas opposé à l’entrevue. Ces coups de canif intra-CD&V sont évidemment à attribuer aux luttes intestines qui se jouent actuellement chez les socio-chrétiens flamands. Et singulièrement entre Wouter Beke, président intérimaire mais qui compte rester en place, et Kris Peeters, ministre-Président flamand aux dents longues. Pendant ce temps-là, l’aile gauche du parti attendant patiemment l’opportunité de prendre la main.
De tout cela, les francophones n’ont évidemment que faire. "L’avenir semble sombre mais il reste un fifrelin d’espoir", confiait un négociateur. Il est difficile de déterminer si ce défaitisme tenait aux inquiétudes quant à l’avenir du pays ou au fait qu’un échec d’Elio Di Rupo pourrait permettre aux libéraux (et donc au FDF) de faire leur entrée sur la piste de danse. Ce que souhaite toujours aussi fermement Bart De Wever afin d’éviter de se retrouver dans une coalition trop à gauche. Elio Di Rupo ne veut quant à lui pas en entendre parler. Nouveau motif de blocage donc. "J’espère que la raison va l’emporter et qu’on finira par trouver une solution", a dit Elio Di Rupo en télévision hier soir, en ajoutant qu’il essayera jusqu’à la dernière seconde. "Je ferai le maximum maximorum de ce qui est humainement possible mais je ne suis qu’un être humain. J’ai donné tout ce qui est possible et même un peu plus", ajoutait-il.
"Il faudrait peut-être veiller à ne pas fâcher le premier parti francophone", confiait un peu plus tôt un président de parti flamand. Peut-être est-il déjà trop tard.
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