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Édito

Inconciliable

Mis en ligne le 03/09/2010

Francis Van de Woestyne

Il faut se rendre à l’évidence : la mission d’Elio Di Rupo ne tient plus qu’à un fil.

Le préformateur avait raison de dire, dès le début de sa mission, qu’il devait tenter de concilier des points de vue inconciliables. Entre la volonté des partis flamands, écrasés par la N-VA, de transférer tout le pouvoir aux entités fédérées et celle des francophones de maintenir un Etat fédéral, même largement fédéralisé, Elio Di Rupo n’a pas réussi à trouver un point d’équilibre. Ou plutôt, celui qu’il a défini ne convient pas à Bart De Wever.

C’est évidemment son droit. Son refus, calme, obstiné, permanent, le consacre dans sa stature d’homme déterminé, entier, et cohérent avec son projet séparatiste. Il prend aussi le risque d’apparaitre comme celui qui est incapable d’accepter un compromis, un accord négocié avec les francophones. Or l’avenir de la Belgique sera forcément le résultat de négociations, il ne sera pas décrété, imposé par une seule communauté.

Les francophones ont beaucoup enduré dans cette négociation. Ils se sont pliés aux nombreux caprices de M. De Wever, quitte à apparaitre pour des pleutres, des mendiants. Maintenant, cela suffit. Le mépris n’est pas un moyen de négociation. Il faut respecter le souhait des Flamands d’obtenir plus d’autonomie. Il faut respecter la volonté des francophones de maintenir une structure fédérale stable et cohérente.

Si aucun accord n’est possible, si le seul projet que peut accepter M. De Wever est celui qui mène tout droit à l’indépendance de la Flandre, il faudra peut-être, à contrecœur, changer de registre et entamer des négociations plus fondamentales. Mieux vaut s’y préparer.

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