Politique belge Portrait

Il a le verbe facile, le pull en V marron, la chemise bien ajustée. Il a 32 ans, bosse dans une société cotée au Bel20, a grandi à Woluwe, fait ingénieur commercial à l’UCL et préside le mouvement "B Plus"; bref, sur papier, Gilles Vanden Burre, Mesdames et Messieurs, c’est du concentré de gendre idéal.

En 2003, Gilles - qui a "toujours été très intéressé par la politique" - rejoint les rangs de "B Plus", organisation citoyenne dont le but est la défense du fédéralisme en Belgique. Il raconte : "J’ai vu une publicité dans "La Libre" pour "B Plus", ça m’a interpellé, c’est exactement cela que je ressentais : la majorité est silencieuse et ce sont toujours des gens agressifs par rapport à l’autre Communauté qui ont la parole dans les médias." Voilà donc le jeune Vanden Burre embarqué à sa première réunion, voilà donc qu’il s’engage corps et âme pour la défense de cette Belgique "moderne et solidaire" . Mais, attention (Pas Op !), "on ne veut pas un retour à la Belgique de papa ! Pas du tout , dit-il en reposant sa tasse de café. Belgicain ? "Non : je suis convaincu que les Régions doivent aussi avoir des compétences fortes." Voilà qui est dit.

En 2007, il prend la présidence de "B Plus", revendique 4 000 membres à ce jour. "On fait de la science politique mais sans couleur" , décrit-il. Et voilà que Gilles publie un (petit) livre, témoignage de ses trois années de love-story avec ce fédéralisme belge. Fait d’armes : il est allé sur le Mur de Grammont, mecque des flamingants en tous genres, en plein Tour des Flandre. Il crâne : "Moi, j’ai été au cœur du Lion." Et y a distribué des drapeaux belges. Il dit : "Sur toute la journée, on a eu droit qu’à trois "Belgique crève !" Les 9/10 des gens nous sautaient dans les bras pour demander des drapeaux belges."

Mais là, "ça pète" , le gouvernement est tombé sur le communautaire. Et trop is te veel : "Je ne peux plus rester au balcon. Il y a trois semaines, je ne comptais pas entrer dans un parti. Mais j’ai mal au ventre, j’ai été énervé." Il décroche son téléphone, appelle ses contacts chez Ecolo. "C’est le seul parti qui avance des propositions concrètes et réalisables pour sortir de la crise." L’affaire est entendue, les deux gendres idéaux (Jean-Michel Javaux et Gilles Vanden Burre) tombent rapidement d’accord : le Bruxellois sera sur la liste verte le 13 juin. Et ça tombe bien, car Gilles a un modèle en politique, auquel il voue une affectation particulière : "Jean-Michel Javaux est quelqu’un qui parle à tout le monde, il a une démarche intéressante. Il ne pose pas d’ukases mais fait des propositions."

Pour la campagne, le refrain est rôdé : "La Belgique doit évoluer. Je veux m’engager à 100 % contre le confédéralisme mais je condamne la frilosité francophone à ne pas vouloir aller de l’avant dans une grande réforme de l’Etat. Un tango, ça doit se danser à deux entre francophones et Flamands." Il s’emballe, fait allusion au slogan du CDH : "C’est bien joli de venir avec des slogans comme l’union fait la force, mais de hurler "Vive la Belgique", ça ne marche pas. Il faut mouiller le maillot, aller en Flandre et parler avec tout le monde." Il se ravise bien vite et en revient au mot d’ordre : on ne dit rien de mal sur les autres partis.

"Je suis allé au Mexique en 2007 et j’étais gêné d’expliquer la situation politique de mon pays. Les gens me disaient : "M’enfin ! Vous êtes de grands malades, ici les gens crèvent de faim dans la rue et vous vous étripez pour de petits problèmes", lui a-t-on dit. Objectivement, il veut être "réaliste" : "Si je suis élu, je siégerai, mais cinquième sur la liste Ecolo à Bruxelles, ça ne va pas être facile..."

Rayon hobbies, enfin, Gilles joue de la raquette (de tennis), a fait partie de l’équipe nationale. Avec laquelle il a sillonné le pays. "Moi , sourit-il, je ne me suis jamais fait agresser par un Flamand dans la rue. Et vous ?"