Politique belge

La commission pouvoirs locaux du Parlement wallon a adopté in extrémis et presque contre toute attente la proposition de décret d'Ecolo pour plus de femmes échevines, bourgmestres ou présidente de CPAS. Une fois le texte adopté en pleinière, les collèges communaux et provinciaux devront comporter au moins un tiers de femmes.

La commission pouvoirs locaux du Parlement wallon a adopté in extrémis et presque contre toute attente la proposition de décret d'Ecolo pour plus de femmes échevines, bourgmestres ou présidente de CPAS. Une fois le texte adopté en pleinière, les collèges communaux et provinciaux devront comporter au moins un tiers de femmes. Le texte, très légèrement amendé, devra encore être voté en septembre en pleinière pour entrer en vigueur après les prochaines élections de 2018.

“La plupart de mes collègues masculins ricanaient. Ils n'imaginaient pas que le texte passerait”, sourit Déborah Gerardon, député PS. “J'ai alors fait appel aux différents femmes présentes. La vie politique n'est pas très agréable en ce moment. Mais ce que nous venons de vivre, c'est vraiment un moment particulier. On l'a arraché et ce n'est que le début. Nous, les femmes, ne devons pas nous contenter d'être représentées, nous devons être présentes dans les organes décisionnels.”

En effet, ce mardi soir, Isabelle Stommen (cdH) a surpris l’assemblée, en rejetant la consigne de son chef de groupe. «Je ne m’en remets pas à ma raison, c’est une réalité que je ressens très fort: il y a profondément une incompréhension masculine de la situation des femmes, et je rejoins donc la position de Mmes Ryckmans et Géradon».

Dans un premier temps, la commission des pouvoirs locaux du Parlement wallon avait débattu ce mardi soir de la proposition de décret d'Ecolo, co-signée par Stéphane Hazée et Hélène Ryckmans, pour garantir une présence équilibrée d'hommes et de femmes au sein des collèges communaux et provinciaux de Wallonie. Sa proposition: un tiers de femmes au minimum ( en tant qu'échevines, bourgmestres ou présidentes de CPAS).Actuellement, si la mixité est obligatoire, la présence d'une seule femme au sein du collège (bourgmestre, échevine ou présidente de CPAS) est considérée comme suffisante.

Les débats ont été houleux et ont duré tard dans la soirée, ce mardi. Les différents partis ont débattu. Le PS avait d'abord déposé un amendement pour imposer la règle 1/3 de femmes ( ou d'hommes), 2/3 de femmes ( ou d'hommes) dès 2018, au sortir des élections. Les socialistes ont également proposé d'aller plus loin en imposant la stricte parité (50-50) d'ici à 2024. Avant de devoir se raviser et se rabattre sur la règle du tiers.

Alors que la comission se dirigeait vers le vote, à 20h30, Le ton est monté. Vu la tournure de événements, le chef de groupe MR Pierre-Yves Jeholet a souligné que, sur le fond, son parti pourrait être d’accord avec la proposition, mais ne souhaitait pas précipiter un vote. La séance a été suspendue in extrémis. Pour reprendre, dans la foulée.

Pour rappel, le texte avait déjà été amendé après les débats avec les autres partis wallons, en février 2015. En effet, une exception pourra être possible à la règle “du tiers” si le nombre de femmes au sein du conseil communal n'est pas suffisant.