Politique belge

Mais où s’arrêteront-ils donc ? Les nationalistes flamands franchissent un nouveau seuil psychologique, celui du tiers de l’électorat. Un an après les dernières élections fédérales, 35,1 % des Flamands affichent leur préférence pour le parti de Bart De Wever, soit 2,1 % de plus qu’en mars. Radicalisation ? Pas si sûr. Car les deux partis qui perdent le plus de voix sont les concurrents de la N-VA sur le flanc droit : la LDD et le Vlaams Belang.

Avec 10,6 %, le parti d’extrême-droite est retombé à son niveau d’il y a 20 ans, celui du Zwarte zondag, quand il avait fait sa percée électorale. Mais, alors qu’à l’époque tous les yeux se tournaient vers lui, le parti de Filip Dewinter a beau tenter aujourd’hui de multiplier les coups médiatiques, il n’intéresse plus personne, à l’exception notable de l’épisode de la proposition de loi sur l’amnistie. C’était il y a un mois, bien avant la période de sondage et donc, apparemment, cela ne suffira pas.

La Lijst Dedecker, également, enregistre un recul plus que sévère : de 3,2 à 1,4 %. Quand un parti annonce qu’il n’aura pas de liste propre pour les élections communales à Anvers (Jurgen Verstrepen, numéro deux du parti, en mars), cela sent effectivement le pâté. Si bien qu’au total, la droite dure flamande totalise 47,1 % en juin contre 49,4 % il y a trois mois. On n’ira tout de même pas jusqu’à dire que c’est rassurant.

Mais, toutes proportions gardées, la surprise de l’été, c’est la soudaine remontée de plus de deux points de l’Open VLD. Cela n’était plus arrivé aux libéraux flamands depuis une décennie, quand ils séduisaient près d’un quart de l’électorat du Nord. Les revers n’ont pourtant pas manqué ces derniers mois : défections (Sven Gatz et, en partie, Annick De Ridder), déclarations mal maîtrisées (une spécialité locale, là c’était Mathias De Clercq). Mais à l’arrivée, Alexander De Croo, par ailleurs à nouveau fort présent dans les médias, a plutôt bien géré ces crisettes et semble de mieux en mieux tenir les rênes du parti. Peut-être les libéraux, plus à l’écart que les autres, bénéficient-ils aussi de l’enlisement des négociations.

Du côté du CD&V et du SP.A, c’est le statu quo, mais à un niveau qui ne contentera personne. Les quelques miettes perdues par les socialistes sont même suffisantes pour les amener à un nouveau plancher historique. Quant aux écologistes de Groen !, il s’affichent plutôt en méforme à 6,6 %.