Politique belge

Il y a presque un paradoxe de voir le Sud du pays dirigé depuis presque quatre mois par un gouvernement MR-CDH lorsqu’on constate dans les intentions de vote (voir par ailleurs) que la gauche (PS-PTB et Ecolo) est majoritaire en Wallonie. D’autant que les intentions de vote qui concernent le MR et le CDH ne permettraient pas de donner à ces deux partis une majorité suffisante. Qu’ils se rassurent, cependant, l’attelage précédent (PS-CDH), au gré des précédents Baromètres était aussi, la plupart du temps, mal noté dans cet exercice.

A la question de la confiance dans le gouvernement wallon actuel, le gouvernement MR-CDH emmené par Willy Borsus (MR) a gagné la confiance de 41 % des Wallons sondés. Un chiffre qui se découpe de cette manière : 4,1 % des sondés portent une "grande confiance" et 36,9 % ont une "confiance raisonnable". Un pourcentage plus élevé que les intentions de vote concernant ces deux partis (30, 1 % à eux deux). Il reste cependant 57, 4 % des personnes interrogées qui n’ont pas confiance dans la nouvelle équipe. Un chiffre qui se décline de la manière suivante : ils sont 31,8 % à avoir "peu confiance" contre 25,6 % qui n’ont "aucune confiance". Le taux d’indécis (1,6 %) est très faible, les personnes sondées se prononçant de manière plutôt claire sur cette question de la confiance dans le gouvernement wallon. Parmi ceux qui font confiance dans ce gouvernement on retrouve sans surprise des électeurs du MR, en grande majorité, suivis de près par ceux du CDH et d’Ecolo. Pour ce qui concerne l’absence de confiance dans ce gouvernement c’est essentiellement chez les électeurs du PTB qu’il faut chercher. Au PS, les électeurs potentiels sont partagés.

Willy Borsus, le nouveau ministre-Président wallon (MR) qui a succédé fin juillet au socialiste Paul Magnette suscite plus d’indécision puisque 6,3 % des sondés ne savent pas s’ils ont ou non confiance en lui. Un chiffre qui porte la confiance que lui portent les Wallons à 35,9 % (4,9 % lui accordent une "grande confiance" et 31 % une "confiance raisonnable") contre 57,8 % de gens qui considèrent qu’ils ne lui font pas confiance (27,9 % ont "peu confiance" contre 29, 9 % qui n’ont "aucune confiance").

Si on se penche sur la couleur politique de ceux qui ont ou n’ont pas confiance dans le ministre-Président on ne s’étonnera pas de trouver, en très grande majorité, des électeurs MR du côté des confiants et des électeurs du PTB dans ceux qui ne veulent rien entendre de positif sur Willy Borsus. Si, comme on l’a écrit plus haut, les électeurs Ecolo semblent avoir plutôt confiance dans ce gouvernement, ils sont, par contre, moins enthousiastes quant au chef de l’équipe.

Une faible confiance à la Fédération Wallonie-Bruxelles

Le même exercice a été mené pour le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et son ministre-Président Rudy Demotte (PS). Pour rappel, à ce niveau de pouvoir, le CDH n’a pas réussi à éjecter le PS et continue donc à gouverner avec lui. Le gouvernement ne récolte qu’une confiance de 36,9 % contre 60,7 % des personnes sondées qui n’ont pas confiance. Rudy Demotte, lui, récolte un taux de confiance de 37,8 % (un tantinet plus élevé que son équipe entière) contre une défiance de 57,6 %. Etonnamment, une majorité d’électeurs potentiels du MR se retrouve dans ceux qui ont confiance dans le gouvernement mais ils sont par contre beaucoup moins à accorder leur confiance à Demotte.

On remarquera à la lecture de ces chiffres et de ceux qui concernent le gouvernement fédéral (voir par ailleurs) que les Wallons n’ont pas grande confiance dans les différents gouvernements qui les concernent. Et, in fine, c’est encore le nouveau gouvernement wallon qui est en tête. Il faut dire qu’il n’est pas en place depuis très longtemps.

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Les intentions de vote en Wallonie

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Fiche technique

Ce sondage d'opinion sans caractère prédictif a été mené par l'institut Kantar TNS à la demande de La Libre / RTBF / VRT / De Standaard, sur un échantillon aléatoire de n = 753 électeurs résidant à Bruxelles, 1076 en Wallonie, 1045 en Flandre et accessibles via un téléphone fixe ou mobile. L'erreur statistique maximale est de 3,1% supérieure et inférieure au résultat obtenu pour les énoncés dans l'ensemble des échantillons wallon et flamand, et de 3.6% sur l’échantillon bruxellois. Les répondants ont été interrogés par téléphone du 11 septembre au 8 octobre 2017. Le rapport technique complet peut être consulté sur www.febelmar.be.