Politique belge

Le calme avant la tempête. La tempête, c’est pour l’année prochaine lorsque la très longue compagne électorale aura commencé en perspective du double scrutin d’octobre 2018 (élections communales et provinciales) et mai 2019 (élections régionales, fédérales et européennes).

Dans l’immédiat, une fois n’est pas coutume, l’heure est à la stabilité en Flandre, alors que son électorat est réputé volatile. Les trois formations des majorités flamande et fédérale - N-VA, CD&V et Open VLD - se portent bien. Certes, la N-VA perd des plumes depuis les élections de mai 2014 (- 4,4 points de pourcentage, selon notre dernier baromètre politique), mais rien d’inquiétant pour une formation extrêmement exposée en raison des responsabilités qu’elle occupe à la région et au fédéral. L’usure du pouvoir n’a manifestement qu’un faible effet sur les nationalistes.

Confiance envers le gouvernement Michel

Cette stabilité se traduit au moins en partie dans la confiance que les sondés du Nord du pays expriment envers les exécutifs fédéral et flamand. 53 % des Flamands disent avoir confiance dans le gouvernement Michel. Un score tout à fait honorable. Mais toutefois comparable à celui du gouvernement Di Rupo - pourtant minoritaire en Flandre à l’époque - durant les derniers mois de son existence.

Par ailleurs, 70 % des Flamands interrogés ont confiance dans le Premier ministre Charles Michel (MR) - un score nettement supérieur à celui de son prédécesseur Elio Di Rupo (autour de 55-60 %). Le Wavrien se retrouve même en tête des personnalités politiques préférées en Flandre. Le contraste est saisissant avec la partie francophone du pays, qui n’est représentée que par le MR dans la majorité. Seuls 33 % des Wallons, par exemple, ont confiance dans le gouvernement et 36 % dans son Premier ministre.

Des résultats engrangés

En ce qui concerne le gouvernement flamand, 62 % de ses administrés lui expriment leur confiance. Le ministre-Président Geert Bourgeois (N-VA) affiche, lui, un score de 57 %.

On comprend que dans l’état actuel des choses, N-VA, CD&V et Open VLD n’auraient aucune difficulté à reconduire leur coalition dans les deux niveaux de pouvoir. Cela confirme aussi que la Flandre penche assez nettement au centre droit.

Mais comment expliquer cette bonne forme ? Probablement par les premiers résultats engrangés par le gouvernement Michel. 130 000 emplois créés en trois ans, ce n’est pas négligeable. Parmi d’autres, la réforme des pensions, les économies dans les dépenses publiques (dont la Sécu) et une politique migratoire ferme sont des mesures qui plaisent à une majeure partie de l’électorat flamand - bien plus qu’aux francophones.

En parallèle, les très vives tensions qui existaient entre les trois formations, singulièrement entre N-VA et CD&V, fin 2016, début 2017 - on parlait en Flandre de "kibbelkabinet" (gouvernement des chamailleries) - ont été mises en sourdine. Cela a permis de dégager un accord très attendu, l’été passé, sur la réforme de l’impôt des sociétés, ainsi que sur la mise en place d’un début de taxation sur le capital (la taxe sur les comptes-titres).

Dernier élément : neuf des dix personnalités politiques préférées des Flamands appartiennent aux trois partis de la majorité. Forcément, ça aide. Et le dixième larron n’est autre que le Premier ministre.

Groen est en forme

Si les résultats du centre droit sont stables en Flandre, a fortiori, ceux de la gauche le sont aussi. Dans le détail, on observe que les écologistes de Groen sont en train de damer le pion aux socialistes du SP.A, traditionnelle première force de la gauche flamande. Les verts pointent à 13,9 % des intentions de vote, en progression de 5,3 points depuis 2014. A l’inverse, le SP.A atteint laborieusement les 11 % (- 3 points). Le PVDA, très fort en Wallonie sous l’étiquette PTB, perce doucement. Il est à 5,1 % (+ 2,3 points), ce qui pourrait lui suffire pour décrocher un siège à la Chambre en 2019, sans doute dans la circonscription d’Anvers.


Les intentions de vote en Flandre:

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Fiche technique

Ce sondage d'opinion sans caractère prédictif a été mené par l'institut Kantar TNS à la demande de La Libre / RTBF / VRT / De Standaard, sur un échantillon aléatoire de n = 753 électeurs résidant à Bruxelles, 1076 en Wallonie, 1045 en Flandre et accessibles via un téléphone fixe ou mobile. L'erreur statistique maximale est de 3,1% supérieure et inférieure au résultat obtenu pour les énoncés dans l'ensemble des échantillons wallon et flamand, et de 3.6% sur l’échantillon bruxellois. Les répondants ont été interrogés par téléphone du 11 septembre au 8 octobre 2017. Le rapport technique complet peut être consulté sur www.febelmar.be.