Politique belge

Paul Magnette est le préféré des Wallons: c'est l'un des enseignements de notre baromètre politique La Libre-RTBF-De Standaard-VRT. Quid en Flandre et à Bruxelles?

EN WALLONIE

Magnette, le préféré

Il a quitté l’Elysette (le siège du gouvernement wallon) sans passer par la case “député”, à laquelle il avait pourtant droit, pour se replier sur sa seule ville de Charleroi. C’est peut-être grâce à ce désir de décumul qu’il applique et qu’il porte au sein des instances du PS que Paul Magnette trône désormais en tête du classement des personnalités en Wallonie. Lui, qui pourtant, lorsqu’il était ministre, n’était pas toujours très clair, du moins au début de son mandat de ministre-Président, sur la manière dont il s’empêchait d’être bourgmestre de Charleroi.

Ceux qu’on n'attendait plus

Au rayon des surprises on retrouve Rudy Demotte (PS) qui échoue au pied du podium. Fortement en baisse ces dernières années, le socialiste reprend force et vigueur. Alors qu’elle vient d’annoncer son départ, Laurette Onkelinx se maintient dans le top 10.

Quant à Joëlle Milquet qui n’incarne plus la tendance dominante au CDH, elle reste quand même dans le top 20.

Chez les libéraux, le Premier est premier MR

Alors que son parti est présent dans deux gouvernements (fédéral et wallon), le Premier ministre Charles Michel n’occupe que la sixième place du classement. Il est cependant le premier d’entre tous les libéraux, talonné de très près par Didier Reynders. Willy Borsus arrive juste après. On constatera que les libéraux sont, dans ce classement, derrière certaines personnalités qui incarnent l’opposition au fédéral. Di Rupo, Maingain et Nollet sont devant. Onkelinx est, heureusement pour eux, juste derrière.

2 Flamands

Les ministres N-VA (Theo Francken et Jan Jambon), les deux seuls politiques flamands testés dans ce baromètre ferment le top 20. La politique musclée du secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration semble donc séduire donc une partie significative des Wallons.

Les coprésidents d’Ecolo hors du top 20

Alors que les présidents du PS (Di Rupo), du CDH (Lutgen) et du MR (Chastel) se retrouvent dans le top 20 des personnalités, les coprésidents d’Ecolo, Patrick Dupriez et Zakia Khattabi en sont les grands absents, contrairement à Jean-Marc Nollet qui occupe une belle cinquième place. La polémique autour du photovoltaïque wallon semble loin derrière lui désormais.

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A BRUXELLES

Charles Michel (MR), une bonne image

Le Premier ministre bénéficie d’une bonne image à Bruxelles. Il devance son vice-Premier et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders. Celui-ci est toutefois le seul représentant bruxellois de son parti parmi les 20 personnalités du classement.

Didier Gosuin (Défi) bien placé

Le ministre bruxellois de l’Emploi tire bien son épingle du jeu. Il va jusqu’à devancer son ministre-président dans le classement.

Vervoort passe devant Onkelinx

Le président du Parti socialiste n’est pas en très grande forme dans ce baromètre des personnalités. Elio Di Rupo se retrouve sixième. Sa camarade Laurette Onkelinx, présidente de la Fédération bruxelloise, n’est pas au mieux puisqu’elle est à la porte du top 10. Toujours chez les socialistes, on relèvera qu’elle est surclassée par le ministre-président Rudi Vervoort qui, malgré une popularité réputée faible, s’installe dans les 10 premiers en termes d’opinions favorables. Paul Magnette et Rudy Demotte complètent ce pool de cinq ténors PS du top 10. Tout de même.

Les personnalités CDH en difficultés

Joëlle Milquet parvient à se maintenir dans le top 10 des personnalités dans la capitale. Une consolation pour celle qui fut longtemps la championne du CDH en popularité. Elle est, en outre l’unique Bruxelloise du parti humaniste qui se classe dans les 20 premiers. En bas de classement, on ne trouve guère que Benoît Lutgen, président du parti, et Marie-Martine Schyns, ministre de l’Education. Deux Wallons pur jus. La situation illustre sans doute la peine qu’éprouve le CDH à faire émerger ses personnalités bruxelloises.

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EN FLANDRE

Charles Michel, le "Premier" des Flamands

Et la personnalité politique préférée des Flamands est… un francophone. Charles Michel (MR) profite bien sûr de la prime à la fonction que lui octroie son poste de Premier ministre. Pour preuve, son prédécesseur, Elio Di Rupo, réalisait lui aussi de bons résultats en Flandre – improbable pour un socialiste francophone. Mais la performance de Charles Michel n’en reste pas moins remarquable. Les électeurs flamands, manifestement, ne diraient pas non à un gouvernement Michel II.

Hilde Crevits, inconnue en Wallonie mais adorée en Flandre

Si Hilde Crevits, ministre flamande de l’Enseignement, est inconnue en Wallonie, en Flandre, elle plaît. Au point de dépasser tous les cadors de la politique nordiste dans notre baromètre. Très active sur les réseaux sociaux, usant d’une communication sobre, Hilde Crevits est beaucoup apparue lors de la rentrée scolaire. Au sein du CD&V, elle est réputée proche du monde associatif chrétien. Ça aide quand on gère l’Enseignement.

Maggie De Block, la fin d'une hégémonie

Elle est définitivement rentrée dans le rang. Maggie De Block (Open VLD) a trusté longtemps la première place dans les sondages d’opinion dans les trois régions du pays. C’est sans doute le résultat de sa personnalité atypique et de la politique ferme qu’elle menait en tant que secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration sous le précédent gouvernement. Mais son insolente domination avait quelque chose d’irrationnel. Confirmation. Depuis qu’elle a dû assumer, sous sa casquette actuelle de ministre de la Santé, d’importantes coupes budgétaires dans les soins de santé, sa popularité a fondu. Elle se maintient toutefois à une belle sixième place.

Wouter Van Besien et Meyrem Almaci: la bonne tenue des écologistes

Sur les trois écologistes testés dans notre baromètre, deux émergent dans le top 20. Pour Groen, c’est un résultat tout à fait honorable qui vient confirmer la bonne tenue du parti dans les intentions de vote. Meyrem Almaci, la présidente, s’impose de plus en plus comme l’une des personnalités incontournables du débat politique en Flandre. Son prédécesseur, Wouter Van Besien, avait, lui, réussi la gageure de replacer Groen sur l’échiquier politique en envoyant notamment six députés à la Chambre en 2014. Plus fort encore, M. Van Besien apparaît aujourd’hui comme le seul candidat capable de ravir le mayorat d’Anvers à Bart De Wever (N-VA) en 2018. Le troisième écologiste testé dans le baromètre est Kristof Calvo, 23e, et tout proche de la 20e place (à seulement 2 %). Un trois sur trois lors du prochain sondage ?

Tom Van Grieken, le grand absent

Il était censé incarner le renouveau du Vlaams Belang (VB). Il devait rendre l’extrême droite flamande sexy, attrayante et enfin fréquentable. Le pari de Tom Van Grieken, 31 ans, est pour le moment un échec. Non seulement la formation dont il est le président ne recueille que 6,5 % des intentions de vote, mais en plus, lui-même ne perce pas en tant que personnalité politique. Tom Van Grieken pointe à une anecdotique 29e place (sur trente personnalités testées), derrière Filip Dewinter, le visage historique du VB et tenant d’une ligne radicale, la plus nauséabonde.

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Fiche technique

Ce sondage d'opinion sans caractère prédictif a été mené par l'institut Kantar TNS à la demande de La Libre / RTBF / VRT / De Standaard, sur un échantillon aléatoire de n = 753 électeurs résidant à Bruxelles, 1076 en Wallonie, 1045 en Flandre et accessibles via un téléphone fixe ou mobile. L'erreur statistique maximale est de 3,1% supérieure et inférieure au résultat obtenu pour les énoncés dans l'ensemble des échantillons wallon et flamand, et de 3.6% sur l’échantillon bruxellois. Les répondants ont été interrogés par téléphone du 11 septembre au 8 octobre 2017. Le rapport technique complet peut être consulté sur www.febelmar.be.