Politique belge

Après son annonce du 19 juin, le président du CDH Benoît Lutgen s'attendait bien à un mini séisme. Mais il insiste, le Parti socialiste avait reçu un ultimatum. Voici comment l'homme a vécu cette crise.

M. Lutgen, si c’était à refaire, relanceriez-vous votre appel du 19 juin maintenant que vous en connaissez le résultat ?

Oui, bien sûr ! Je n’ai aucun regret.

Même dans la manière ?

Oui, parce que je ne pouvais pas faire autrement, sinon on m’aurait reproché des petits arrangements en coulisse.

Et l’auriez-vous fait si votre geste avait entraîné des élections anticipées, comme cela existe au niveau fédéral ?

Je vais même vous dire que j’aurais préféré qu’on puisse passer par des élections.

Vous avez réussi à changer une majorité sur trois. Ne devriez-vous pas remettre votre mandat de président du CDH en jeu afin de vous assurer du soutien de votre parti ?

Ce n’est pas du tout à l’ordre du jour. Quand on est dans ses convictions, qu’on a collectivement pris des décisions et que l’on propose des alternatives, on n’est pas dans l’échec, ni personnel, ni collectif. Ma détermination est absolue. Il faut poursuivre. Ce qu’on a réussi en Wallonie et les lignes que nous avons fait bouger ailleurs, notamment sur l’abrogation du décret inscription, il faut les transformer. Assurance autonomie, réforme fiscale, emploi, pacte d’excellence pour l’école… J’ai l’ambition d’aller jusqu’au bout.

C’est quand ce "jusqu’au bout" ?

Après les élections de 2019.

Vous finirez donc votre mandat de président qui court jusqu’au second semestre 2019 ?

Il n’y a aucune raison de démissionner. Ce serait quand même le comble. J’ai la force et la volonté absolue d’être à l’offensive. On a une batterie de propositions qu’on fera approuver dans les parlements si on n’arrive pas à les faire approuver dans les gouvernements.