Politique belge

Pour Benoît Lutgen, président du CDH, la tentative du 19 juin d'éjecter le PS du pouvoir partout a permis de faire bouger les lignes. Le CDH aurait réussi à faire passer ses exigences, même dans les exécutifs où il gouverne toujours avec les socialistes. Entretien.


L’avant, l’après. A 13 mois des élections législatives et régionales, Benoît Lutgen veut faire la démonstration des avancées qui ont pu être réalisées grâce au renversement de majorité qu’il a initié en Wallonie le 19 juin dernier. C’est à Bastogne, sur ses terres, que le président du CDH reçoit "La Libre" pour dresser un premier bilan de l’action de son parti. Et il prévient : non, l’allongement du tronc commun de la deuxième à la troisième secondaire dans l’enseignement général n’est pas acquis.

Le dernier sondage de "La Libre" n’est pas mauvais pour le CDH. On dirait que votre "coup" du 19 juin, lorsque vous aviez voulu renvoyer le PS partout dans l’opposition (ce qui n’a fonctionné qu’en Wallonie), commence à porter ses fruits.

Je ne veux pas interpréter les sondages. L’importance qu’on leur accorde est disproportionnée. Il y avait cette nécessité, effectivement, d’apporter du changement parce que le contrat qui avait été passé en 2014 avec le PS n’était pas assez respecté. Ma conviction depuis le départ, c’est qu’il faudra du temps pour que les réformes que l’on a voulu mettre en œuvre en Wallonie, à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles (ou Communauté française) puissent être mesurées dans la population. Un projet politique se juge sur un bilan et sur des propositions pour l’avenir.