Politique belge

Bernard Wesphael envisage de quitter le Mouvement de Gauche qu'il a fondé en mai 2012 après son départ d'Ecolo. Bousculé par divers courants au sein de son parti, le député wallon craint de ne plus y retrouver la ligne politique qu'il a voulu développer. Si l'on en croit les derniers sondages, le MG peine à décoller et dépasse à peine, dans certaines enquêtes d'opinion, le pour-cent alors qu'en Wallonie, le PTB franchit le seuil de 5 pc.

"Le MG se positionne pourtant sur un créneau novateur", analyse son fondateur dans une lettre ouverte: une gauche moderne, ouverte, à la fois héritière des luttes sociales et des libertés individuelles, qui rejette l'ultralibéralisme tout en n'étant pas hostile aux entreprises.

"Alors pourquoi est-ce que ça ne prend pas dans un contexte pourtant largement favorable à l'avènement d'une gauche décomplexée et citoyenne avant tout? " se demande-t-il.

Bernard Wesphael vise "l'entrisme forcé d'anciens socialistes (exclus du PS, dissidents) qui entendent faire du MG un PS-bis en termes de méthode". Sans les nommer, il s'en prend aux cadres du Mouvement socialiste, dissidence du PS fondée en 2002 qui, dix ans plus tard, a rejoint le Mouvement de Gauche. Il vise aussi des militants "ayant un passé d'extrême gauche" qui l'ont rallié. Il dénonce dans leur chef "une forme de totalitarisme idéologique qui considère que la prise en compte de valeurs telles que la laïcité de l'état, la remise en cause du modèle productiviste, l'écologie sont des questions secondaires". Il fait également son autocritique: "moi, qui après 18 mois ne suis pas parvenu à faire la synthèse de tous ces courants". "Mais était-elle seulement possible et souhaitable? ", ajoute-t-il.

Le député se considère comme le premier responsable en tant que président. "Si le MG ne devait pas trouver un second souffle d'ici janvier 2014, j'entends me retirer sous ma tente, non sans mener un dernier combat parlementaire contre le Traité d'austérité européen. J'ai lancé ce projet avec enthousiasme en mai 2012 mais il est évident aussi que je ne suis pas propriétaire du Mouvement de Gauche. Mon départ, dès lors, ne signifierait probablement pas la fin du MG", a-t-il souligné.


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