Politique belge

Boogie woogie ! L’annonce dans "La Libre" de la mise en orbite d’un nouveau courant "Ecologie et Laïcité" par le chef de file wallon d’Ecolo Bernard Wesphael - une sortie accompagnée de critiques acerbes sur le fonctionnement de la démocratie parlementaire et sur la laïcité - reste en travers de plusieurs gorges vertes. L’incompréhension, le dédain, voire l’agacement par rapport à l’agitateur Wesphael secouent les rangs des verts. D’autant que Wesphael n’en est pas à son coup d’essai. Et, aujourd’hui, si personne ne réclame ouvertement la tête du chef de groupe, sa position est clairement menacée.

Rappel, les verts comptent quatorze représentants au sein du Parlement wallon. L’un des vice-présidents du groupe, Christian Noiret, a écrit mardi à Wesphael pour lui faire connaître sa position. "Je suis inquiet, explique-t-il, car, pour moi, Bernard Wesphael a clairement dérapé. Je demande qu’il se reprenne et qu’il assume clairement sa position. La position de chef de groupe est une position honorable avec énormément de responsabilités. S’il n’est pas content ou s’il estime que ce poste ne lui permet pas de s’exprimer comme il l’entend, alors qu’est-ce qu’il fait là ?" s’interroge le député Christian Noiret.

Manu Disabato, autre parlementaire Ecolo wallon, abonde dans le même sens : "Etre chef de groupe et électron libre, c’est un oxymore. C’est incompatible ! , dit-il. Quand on est chef de groupe, on travaille pour une équipe, on est le porte-parole d’un collectif. Le clivage laïc/catholique qu’essaie de porter Wesphael est un clivage du passé; aujourd’hui, le seul clivage qui tienne est celui entre les progressistes et les conservateurs. Et sur son autre critique, le fait que les parlementaires seraient brimés par le gouvernement, je répondrais que nous travaillons main dans la main avec le gouvernement, avec en ligne de mire une déclaration de politique régionale. C’est un avantage. il n’y a pas de soumission au gouvernement !" assure Manu Disabato.

Au QG des verts, Eric Biérin, le porte-parole du parti, indique que Wesphael avait effectivemeent prévenu l’état-major Ecolo de sa prise de position. "Il est libre de proposer tous les débats internes qu’il veut, souligne Eric Biérin. A l’intérieur d’Ecolo, Bernard est évidemment le bienvenu : toutes le sensibilités peuvent s’exprimer chez nous." Mais "off the record", le ressentiment et l’agacement des responsables Ecolo par rapport à celui qu’ils appellent "le chevalier blanc parlementariste" va crescendo. "C’est quoi son truc ? C’est "Ecologie et Solitude", se moque, carnassier, un des responsables du parti. "C’est pour masquer le fait que ce type est complètement isolé. S’il est coprésident d’un parti, ce sera d’un parti vide, il n’y aura personne pour le suivre. Personne. Wesphael, c’est tempête dans un nombril." Un autre : "Franchement, il veut simplement se faire de la publicité à bon compte. Il veut simplement se refaire une santé politique après les mauvais coups qu’il a pris récemment. Point final", glisse un autre responsable. Et un troisième : "C’est un non-événement qui n’appelle pas de commentaire. Pas la peine de le monter en épingle", expose un cadre des verts francophones.

De son côté, Bernard Wesphael indiquait mardi soir avoir reçu "énormément" de réactions après la mise en orbite de son nouveau courant "Ecologie et Laïcité". "J’ai reçu des dizaines et des dizaines de mails de personnes qui veulent souscrire à ce nouveau courant, la plupart d’entre elles viennent d’Ecolo, dit-il. Toutes ces réactions posistives me confortent dans ma démarche." Bernard Wesphael ajoute encore ne pas avoir reçu de réaction officielle de la part de l’état-major de son parti.