Politique belge

Urgences ! Il n’y a pas une seconde à perdre. Les négociateurs ont entamé, dès lundi soir, les discussions qui doivent aboutir à la confection du budget 2012. Urgences ? Pour deux raisons : d’abord parce que la Belgique doit honorer ses rendez-vous européens et présenter ses comptes dans une semaine. Ensuite parce que si l’on veut éviter que la Belgique ne vive sous le régime des douzièmes provisoires, en 2012, il est important que le budget de l’Etat soit préparé et déposé au Parlement en temps voulu, c’est-à-dire 6 à 8 semaines avant la fin de l’année.

Lundi midi, le formateur et les présidents de parti ont défini le calendrier des travaux et la méthodologie. Les négociations auront lieu à plusieurs niveaux. Le groupe de travail central - le formateur et les présidents des six partis - tentera de résoudre l’équation budgétaire pour 2012. Lundi soir, une première réunion de ce groupe central a eu lieu en présence du Premier ministre en affaires courantes, Yves Leterme, du ministre et du secrétaire d’Etat au Budget, Guy Vanhengel et Melchior Wathelet. Ceux-ci ont fait rapport sur l’état d’avancement du budget 2012. On connaît la note : 10,2 milliards à politique inchangée, 6,7 milliards si l’on tient compte de la prolongation de certaines mesures. Le Premier ministre a suggéré aux négociateurs d’accélérer la réduction de la dette de sorte que le taux puisse diminuer au-delà de la baisse "spontanée". Actuellement, le taux d’endettement de la Belgique atteint 97,5 % à 98 % du Produit Intérieur brut, en ce compris l’effet de la reprise de Dexia Banque Belgique. Une évolution spontanée du ratio de la dette l’amènerait à environ 92,5 % d’ici 2014. "Je suggère un effort supplémentaire extraordinaire qui ferait passer le taux sous les 90 %", a précisé le chef du gouvernement sortant à l’agence Belga.

D’autres groupes de travail vont être mis en place. Neuf au total. Ils concerneront les questions sociales et économiques (justice, intérieur, affaires étrangères, asile, immigration, etc.). Notons que le groupe central sera également chargé des réformes socio-économiques structurelles (pensions, etc.).

On est donc entré dans la phase finale des négociations. La dernière ligne droite, on l’a déjà dit, sera ardue. Même s’il y a urgence, il n’est pas question de bâcler cette dernière étape. Alexander De Croo (VLD) le rappelait, lundi : "La situation est très sérieuse. Il faut agir vite mais surtout agir correctement. Il faut éviter toute précipitation même si la pression des agences de rating est là. Nous avons négocié l’institutionnel en profondeur, faisons de même pour le socio-économique "